littérature

  • La double source de la littérature

    En moi, la littérature, entendue comme la lecture et l’écriture, prend sa source dès l’origine, dès l’enfance. Elle a une double source : la magie du langage et l’imagination sans images. Par magie du langage, j’entends le plaisir du bruit de la langue, de ses sonorités déliées du sens. Toute petite, avant de m’endormir, je tentais…

  • Le gardien des voix

    Sortie du nouveau numéro de la revue La Piscine, avec pour thème « l’éternel et l’éphémère » : « Faire entendre ce que l’instant changeant contient d’infini. Montrer l’immuable dans le périssable et le précaire. Résoudre, en quelque sorte, une équation impossible, mais dont la poésie contient pourtant la solution. Seulement, il faut aller creuser le visible pour…

  • Défense de la langue littéraire

    Il y a cette idée que moins un style est littéraire et plus il est proche du réel. Par littéraire, on entend ici une richesse du langage considérée, ou plutôt déconsidérée, comme superfétatoire, précieuse, affectée, fleurie, sentimentale, désuète, empesée, bourgeoise, que sais-je encore. L’épaisseur de l’écriture masquerait le réel tandis que sa minceur le laisserait…

  • Point

    « C’est un chardon brûlant que l’on a domestiqué, cultivé et mangé froid. Il a un cœur comestible deux fois l’an – trois fois les bonnes années – qui est une inflorescence sans fleurs. Il a un bon fond, généreux réceptacle des maux des autres qu’il accueille sans préjugé, encourageant toujours la mise en mots. Une…

  • Variations en blanc

    « Cristina Campo avait un visage de statue toscane du quinzième siècle : un visage comme on en voit aux bustes et aux sculptures de Desiderio da Settignano ou de Mino da Fiesole, ou à ceux de Laurana. Elle promenait toujours avec elle cet air de Florence, glacé, mordant, baigné d’une lumière perpétuellement blanche. Elle avait…

  • Contre critique

    Aucune envie d’écrire une critique littéraire. Lorsque j’en lis, je les parcours rapidement et ne m’arrête qu’aux citations et aux extraits. Parce que tout est dans le style. Qu’importe le sujet, c’est la langue qui compte. Par style, je n’entends pas la belle écriture, la page devenant le miroir où l’auteur se mire et se…

  • Frontière

    De dos, le père se découpe en noir sur le ciel rose, face au soleil qu’il masque. Las, il baisse son front, son menton, son cou, ses épaules, comme s’il priait lentement, découvrant peu à peu les rayons qui envahissent et verdissent le paysage. La steppe est une ligne d’horizon, deux nuages, le silence. De…

  • Trouvaille

    Chez mes parents, sur une étagère de mon ancienne chambre, j’ai trouvé plus précieux qu’une carte aux trésors : un atlas des îles abandonnées. C’est un livre bleuté à la tranche orangée qui renferme les îles les plus isolées et presque désertes de notre planète, classées par océan : l’indien, le pacifique, l’atlantique, l’arctique et l’antarctique. Sur…

  • Plongeon

    Entre le documentaire et l’imaginaire, le manuscrit en travail et le livre achevé, l’expérimentation des hybridations et la codification du genre, la solitude dont se nourrit l’écriture et la rencontre qu’elle poursuit, la revue ménage une transition indispensable, un espace riche de ses métamorphoses, une marge blanche où s’inventer et se réinventer. J’en ai découvert…

  • Ramuz

    Ramuz, un nom qui « chante doux et triste », une brise qui devient bise. Sa langue est à l’image de la montagne. À la fois populaire et sacrée, lente, répétitive, accidentée, lumineuse pourtant, alternant la force du noir et blanc à la réjouissance des plus vives et naïves couleurs et ménageant un silence peuplé de gazouillements,…