Le plus récent

  • Vide

    Longtemps, je me suis débattue entre le désir et l’impossibilité d’écrire. Parce que je n’avais rien à dire. J’étais vide, je suis vide. Quand je le confie – rarement, c’est un vide, comment dire, plutôt intime –, on me répond que je suis tout l’inverse : habitée ; et cela me fait sourire : c’est la même chose. Plus précisément,…

  • Dans Les Techniciens du sacré, publié dans les années 1960, Jerome Rothenberg cherche à recueillir une poésie originelle ou archaïque, bien qu’elle nous soit parfois contemporaine, la poésie des peuples qui ignorent la modernité et donnent ainsi accès au sens premier et universel de ce genre, à sa vocation fondamentale : « être l’égale du monde en son…

  • L’esprit de sérieux

    L’un des plus grands dangers, en écrivant, c’est l’esprit de sérieux, qui n’est pas la gravité vraie. Celle-ci porte à la gaîté, comme toucher les profondeurs ramène à la surface. L’esprit de sérieux part sans doute d’un bon sentiment, d’une volonté de bien faire, mais il a quelque chose de borné, d’obtus, de convaincu de…

  • Il était une fois une ville qui s’appelait Onésime. Comme saint Onésime. En ce temps-là, un roi lointain envoyait ses chevaliers à travers le monde, avec pour mission de consigner le nom des lieux sur le registre de son royaume. Ce registre était magique : il donnait les pleins pouvoirs sur les lieux qui y étaient…

  • Encore amoindrie

    Récit de rêve Tu sors de l’immeuble et vas consulter la boîte aux lettres. Le pli glisse de ta main. Plus d’os dans ton pouce, qui retombe mollement sur ta paume. L’assassin est venu en retirer le contenu pendant ton sommeil. Mais il t’a laissé les yeux. Pourquoi ? Pour que tu voies ce qu’il te…

  • François Leperlier, abandonnant l’entreprise impossible de définir la poésie, cherche à cerner son sens et sa mission. Le terme qu’il choisit annonce sa position : « destination ». Il souligne ainsi l’ambition d’être en avant, de porter la promesse d’un devenir, de viser une finalité qui ne vaut qu’en tant que telle, comme promesse et appel, à dimension…

  • Fierté d’apparaître parmi les Constellation(s) de Pierre-Aurélien Delabre. En retour, je vous invite à aller voir le site de Pierre : Esprit de l’utopie et son triptyque : L’art des dilutions, Vent d’ouest et Nous danserons pour toi, Volodia ! Dans sa poésie résonne le lyrisme du véritable romantisme. Le je ouvre la voie au…

  • Des flammes si pures

    Récit de rêve L’adolescence. Après une fête d’anniversaire chez une amie, en périphérie de la ville, nous rentrons, filles emmitouflées sur les quais à la gare, dans la nuit d’hiver embrumée de nos paroles. Sur le quai d’en face, l’une d’entre nous disparaît. Enlevée par l’éclair. Il ne reste d’elle que le bitume fracassé, marqué…

  • Qu’as-tu fait ?

    Qu’as-tu fait de tes frères ? Des poissons, myriades et minimes, en circonvolutions, fugaces et fluides, dissemblance dans l’argenté, égalité dans le bariolé, les yeux toujours ouverts et jamais fixes, écailles pareilles à des papilles, respiration pourvoyant propulsion, qu’as-tu fait de leur curiosité creusant le récif, poursuivant le sillage, de leur connaissance d’un langage plus profond,…

  • Le mimétisme

    Bien que j’aie critiqué la distinction et montré ses limites, je la préfère infiniment à l’indistinction, au déjà dit, déjà pensé, à la banalité. Je me suis souvent demandé ce qui plaisait tant dans la banalité, car elle plaît, cela ne fait aucun doute. En prenant l’exemple de la littérature, les livres les plus consensuels…