philosophie

  • La maladie imaginaire de la philosophie et de la littérature

    Immanence et transcendance s’entretissent comme s’entrecroisent verticalité et horizontalité. L’horizontalité du vécu et la verticalité des valeurs. L’horizontalité des choses et la verticalité des idées. L’horizontalité d’une nature dans sa variation et la verticalité des lois qui la régissent. Etc. Cette croissance partagée, encouragée de l’horizon et du vertige ne se ressent jamais mieux qu’en…

  • Où l’on s’enracine à en crever le ciel

    Autre contradiction qui caractérise notre culture, celle entre ici-bas et au-delà, entre immanence et transcendance. L’ici-bas, c’est la concrétude des choses, l’épaisseur, le grain, le toucher, la saveur, toi et moi, un baiser, la terre et sa pesanteur, le temps aussi fugace qu’irréversible, l’aspérité de ressentir, l’endurance de vivre. L’au-delà, au contraire, ne tombe pas…

  • Le risque d’un désastre

    Il y a cette idée selon laquelle notre culture se distinguerait, surtout à partir des temps modernes, mais déjà dans l’antiquité grecque, par la raison, la pensée claire et distincte d’un Descartes, l’interrogation logique d’un Socrate. Comme si les autres cultures, passées ou présentes, qui ignorent la modernité, étaient dépourvues de cette capacité et que…

  • Fille des Lumières sous le signe des Chimères

    Autre contradiction qui traverse notre culture, celle de la raison et de la passion, du rationnel et de l’irrationnel, de la pensée et du sentiment, de l’imaginaire et du réel. Déjà, existe-t-elle ? Les sentiments comme les sens affinent, nuancent, éveillent notre intelligence. L’imagination, par ses prédictions et ses abstractions, nous permet de connaître le réel.…

  • Que faire de nos jours ?

    Premier devoir de philosophie. Je ne me rappelle plus ma réponse. De toute façon, une telle réponse ne compte que si la question vient de soi et non d’un professeur. Mais je me rappelle le principal obstacle à ma réflexion. Sous ma plume, la question se transformait malgré moi en « que faut-il faire de nos jours ? »…

  • Le choix de la philosophie

    J’ai décidé d’étudier de la philosophie en première, ayant feuilleté le manuel de mon frère, mon aîné d’une année, et lu le raisonnement de Descartes qui se clôt par le fameux « Je pense, donc je suis. ». J’étais saisie, ravie par une langue qui était pensée. Parce que, oui, la langue n’est pas toujours (est rarement ?)…

  • Le dessin d’enfant

    Sans doute les enfants ont-ils toujours dessiné et toujours de la même façon. Mais jusqu’à très récemment, ils usaient de supports – sable, terre, mur, roche – qui n’ont pas laissé de traces. Même dans le cas d’enfants nobles ou bourgeois qui disposaient de supports plus durables, leurs gribouillages ne suscitèrent le plus souvent pas…

  • Que reste-t-il de Nietzsche ?

    Je crois avoir lu toutes les œuvres de Nietzsche ou presque, ainsi que quelques ouvrages d’analyse critique, entre 17 et 20 ans. Lire ne veut pas dire comprendre. Ceci ne me donne pas autorité en la matière, mais tout de même une certaine connaissance. Ce qui m’interroge aujourd’hui, c’est mon engouement pour sa pensée, si…

  • Psychanalyse du feu

    Il est rare que la science et la poésie se rencontrent aussi magiquement que dans la philosophie de Bachelard. Il a psychanalysé la rêverie, ce rêve éveillé ininterrompu, apparemment sans objet et pourtant absorbé par les éléments premiers – eau, air, feu ou terre – qui « travaille en étoile », « revient à son centre pour lancer…

  • Être un poisson

    Dans La vie des plantes, Emanuele Coccia décrypte notre monde à partir des plantes qui le font advenir, le rendent possible. C’est un très beau livre, que j’ai critiqué hier parce qu’il n’achève pas son geste révolutionnaire : il inaugure une métaphysique du mélange mais continue de s’exprimer par distinctions et hiérarchisations. Cependant Emanuele Coccia…