Pensées

  • L’art de la joie

    Ai-je laissé croire que ce livre me déplaisait ? Je n’écris jamais d’un livre qui me déplaît. M’avez-vous entendu mentionner la médiocrité et la suffisance qui s’affichent sur tant de vitrines et d’écrans ? Je pourrais cracher mon venin, et mon venin corrode, j’ai été à bonne école, celle de l’ironie amère, de la cruauté amusée, mais…

  • Morale et moralisme #2

    Continuant à lire L’art de la joie. Un roman freudien. La sexualité, dès le plus jeune âge, détermine l’advenue du sujet à lui-même, elle sert de fil conducteur à son histoire et de pierre de touche à sa construction, empreigne toute relation de sensualité, que ce soit avec hommes ou femmes, entre adultes ou enfants,…

  • Morale et moralisme

    En lisant L’art de la joie. L’héroïne, nommée Modesta, antiphrase de sa personnalité, raconte sa vie aventureuse. Livre immoral si on s’en tient au moralisme, ensemble des principes du bien et du juste prescrits par la société, ou de nos jours, par soi-même, c’est du moins ce que l’on croit, livre profondément moral si on…

  • Par-delà nature et culture

    Dans Par-delà nature et culture, Philippe Descola montre que la partition du monde entre nature et culture n’a rien d’une évidence universelle. Cette conception propre à notre civilisation, apparue en son sein assez récemment, ne permet pas de rendre compte du mode d’être, de vivre et de penser dans quantités d’autres époques et lieux. Elle…

  • Vivre en écrivant

    En écriture, un conseil courant : multiplier les expériences et en tirer profit. Vivre toutes sortes de sensations et de situations, noter ce qui nous traverse dans des carnets matériels ou immatériels et, pour l’œuvre finale, reprendre cette matière brute, la travailler, l’agencer. Directive qui m’a toujours profondément dérangée, comme si elle pervertissait, ou même, osons…

  • Entre deux langues

    Il paraît que les bilingues ont une identité, ou une personnalité, différente selon la langue parlée. Si j’en ai appris plusieurs (l’anglais, le portugais et l’espagnol, ainsi que des notions de grec ancien et de japonais), je n’ai pratiqué que l’italien au point de ressentir cette altération, déterminée en grande partie par la sociabilité du…

  • Ce que mourir veut dire

    La mort semble contredire la dynamique de l’individuation, en posant une fin abrupte et sans recours à ce processus harmonieux et complexe. Cependant, en tant que spiritualiste, Jung n’y voit pas une fin, mais un achèvement, un parachèvement. Pour le comprendre, nous devons revenir à ce mystère qu’est la vie : l’animation de la matière…

  • De la nature de l’âme

    « Nous savons tout aussi peu ce qu’est la psyché que le physicien sait ce qu’est la matière. » (L’Homme à la découverte de son âme, Carl Gustav Jung) Jung remarque à plusieurs reprises que les patients qui lui demandent de l’aide ne présenteraient aucun symptôme dans un autre temps et lieu, parce qu’ils souffrent d’être coupés…

  • Contre l’égotisme

    La modernité a inauguré le règne de l’individu, dans les arts celle de l’artiste, en littérature celle de l’auteur. Elle a ainsi mis en valeur l’invention et la singularité, mais elle a également encouragé un formidable égotisme. Il semblerait que beaucoup écrivent ou créent uniquement pour eux-mêmes : se montrer, dominer, être au centre de l’attention,…

  • Qui suis-je ?

    Suite à mon article Qui es-tu ? et en réponse à celui de Quyên Lavan Notes d’un poisson à plumes, voici ma configuration d’après la typologie jungienne : une intuitive introvertie, avec une dominante pensée, le sentiment venant ensuite, et enfin la sensation extravertie, ma fonction mineure. Intuition introvertie : En un autre temps et lieu, j’aurais été un…