Pensées

  • La méfiance envers Jung : accusations de mysticisme et de fascisme

    Jung a été abondamment critiqué, accusé de dérive mystique, d’extrapolation dans la génétique ou de compromission nazie. La vulgarisation de sa pensée l’a certainement desservi : ses théories permettent de justifier les visites de fantômes et les visions de l’avenir, de donner du crédit à l’astrologie, au tarot et à toutes les superstitions. La culture New…

  • Sous le phare de ma lampe

    Écrire ici plutôt qu’ailleurs, sans doute une perte de temps, ne devrais-je pas me consacrer à, je ne sais pas, une œuvre ? En suis-je encore capable ? En attendant, je désœuvre la littérature dans le désœuvrement du net. Par allégresse ou amertume, sais-je encore distinguer… L’ébauche a parfois plus d’intérêt que le tableau fini. J’aime la…

  • Le risque d’un désastre

    Il y a cette idée selon laquelle notre culture se distinguerait, surtout à partir des temps modernes, mais déjà dans l’antiquité grecque, par la raison, la pensée claire et distincte d’un Descartes, l’interrogation logique d’un Socrate. Comme si les autres cultures, passées ou présentes, qui ignorent la modernité, étaient dépourvues de cette capacité et que…

  • Vide

    Longtemps, je me suis débattue entre le désir et l’impossibilité d’écrire. Parce que je n’avais rien à dire. J’étais vide, je suis vide. Quand je le confie – rarement, c’est un vide, comment dire, plutôt intime –, on me répond que je suis tout l’inverse : habitée ; et cela me fait sourire : c’est la même chose. Plus précisément,…

  • L’esprit de sérieux

    L’un des plus grands dangers, en écrivant, c’est l’esprit de sérieux, qui n’est pas la gravité vraie. Celle-ci porte à la gaîté, comme toucher les profondeurs ramène à la surface. L’esprit de sérieux part sans doute d’un bon sentiment, d’une volonté de bien faire, mais il a quelque chose de borné, d’obtus, de convaincu de…

  • Le mimétisme

    Bien que j’aie critiqué la distinction et montré ses limites, je la préfère infiniment à l’indistinction, au déjà dit, déjà pensé, à la banalité. Je me suis souvent demandé ce qui plaisait tant dans la banalité, car elle plaît, cela ne fait aucun doute. En prenant l’exemple de la littérature, les livres les plus consensuels…

  • La distinction

    La pensée se distingue de ce qui la précède ou domine son époque. Elle se construit par la critique. Nous prenons longuement la parole ou plume pour exprimer notre désaccord, un désaccord qui est déjà pensée et nous oblige à penser davantage, à articuler notre argumentation. De même, la science avance par des découvertes qui…

  • Fille des Lumières sous le signe des Chimères

    Autre contradiction qui traverse notre culture, celle de la raison et de la passion, du rationnel et de l’irrationnel, de la pensée et du sentiment, de l’imaginaire et du réel. Déjà, existe-t-elle ? Les sentiments comme les sens affinent, nuancent, éveillent notre intelligence. L’imagination, par ses prédictions et ses abstractions, nous permet de connaître le réel.…

  • Sous une couronne de raisins ou d’étoiles

    En réfléchissant sur la morale, j’en étais revenue à l’opposition entre paganisme et christianisme : éloge de la force conte éloge de la faiblesse. Qu’elle traverse les derniers siècles est établi, mais je pense qu’elle reste vivace aujourd’hui, sous d’autres noms. Chacune a donné le meilleur et le pire ; je ne souhaite tirer aucun bilan. Cette…

  • Force de caractère

    Ayant fini L’art de la joie. Sa force, c’est ce qui reste. À la fin, Modesta célèbre sa personne à outrance, rapportant sans cesse les compliments qu’elle reçoit, combien elle est admirée et aimée. Le récit de sa vie devient une défense et une illustration de son caractère. Tendance qui pourrait irriter, mais qui m’amuse…