Le diable au corps

Proposition pour l’agenda ironique de février

Choisir une partie du corps. Membre organe tissu cellule liquide substance. Coin pli bout trou articulation ou protubérance. Quelconque élément que vous arrivez à personnifier. Oreille œil poumon synapses pieds nuque coude genou coccyx omoplate nez mitochondrie langue cœur sang ADN cuisse grain de beauté pouce paume auriculaire ou la main entière poignet cheville épaule cheveux nombril cicatrice ride. Défaut ou qualité. Je ne vais pas tout énumérer. Cet élément, unique, double ou multiple, que vous isolez comme vous souhaitez, à grande ou petite échelle, depuis l’intérieur ou l’extérieur, cet élément prend la parole et il se trouve qu’il a plein, vraiment plein de choses à dire à son propriétaire. Gratitude ou reproches, secrets ou nostalgie, exigences bien précises ou rêveries diffuses. C’est vous qui savez. Consignez son monologue, qui comprend moult parenthèses – ou tirets si vous préférez. Son discours se déroule par imbrications comme lui-même s’imbrique dans le corps. Langage qui ne se limite pas à dire oui ou non au plaisir et à la douleur. Dans le corps reposent la sagesse des gestes, des expressions et des réflexes, un esprit de finesse et d’à-propos, une vérité que l’esprit cherche à camoufler. Fiction, autofiction, autobiographie. Le corps peut être le vôtre, celui d’un autre. On ne demandera pas. Intimité oblige. Érotisme possible.

Tu as le diable au corps, réprimandait mon grand-père quand l’enfant que j’étais lui désobéissait. Le diable, c’est le corps. Immature par nature. Qui nous résiste, mais aussi nous ravit. Et si, pour une fois, nous l’écoutions au lieu de l’assourdir.

Ne vous inquiétez pas, le 25 février à minuit, son brouhaha disparaîtra, tout rentrera dans l’ordre. En attendant, 24 jours de parole ouverte à la multitude des silencieux qui nous maintiennent en vie.

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli, 1485, conservé à la galerie des Offices de Florence

J’invite tous mes lecteurs à participer, ceux qui n’ont pas de plateforme (site, blog) peuvent m’envoyer leur participation par mail (josephinelanesem @ gmail.com) et je l’inclurai sur la page de récapitulation finale (ou pas, dans le cas où ils préféreraient que je la garde pour moi). Si des néophytes de l’agenda dont j’admire l’écriture, comme Sophie Jaussi et Thomas Calvus, pouvaient se laisser tenter, cela me ferait très très plaisir. Mais fi du chantage affectif, à vos claviers !

98 commentaires sur “Le diable au corps

            1. j’adore ; la rythmique des vers de Rostand (qui doivent beaucoup à son épouse, l’excellente poète Edmonde Gérard, éclipsée par son bonhomme de mari – « aujourdh’ui plus qu’hier et bien moins que demain », c’est elle) se prête au chant 🙂

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            2. Edmonde, c’est Charles-Roux, une autre poétesse intéressante également !
              En tout cas, j’ai noté que tu étais pour l’invisibilisation des femmes, je ne te fais pas licite, Jérôme. 😠
              (Euh, pour les personnes qui ne pratiquent pas le second degré, je ne pense pas réellement que Jérôme soit pour l’invisibilisation des femmes 🙂)

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            3. C’est pire : c’est précisément quand je veux les sortir de l’ombre patriarcale que je leur colle le prénom du julot ou je les confonds avec une autre… !! entrisme ou subversion ??? l’histoire jugera (plus tard, j’ai le temps) 🙂

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      1. Cinq jours encore ! Et vous faites bien de me le rappeler. Ce mois a filé entre mes doigts et je ne pensais pas que j’en étais déjà au vingtième nœud.
        Cela me ferait plaisir d’avoir votre contribution, j’avais beaucoup aimé la précédente, lors de l’agenda de Lyssamara et aussi ce que vous écriviez dans l’atelier de François Bon du temps fort lointain où j’y participais. Peut être qu’il y a une partie qu’à l’inverse des autres vous aimez bien écouter ?

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            1. Ah je me disais bien ! On est toujours d’accord, j’te dis 🙂
              Imbu de lui-même. Moi, moi, moi, ce génie et surtout ce génie incompris, ouin, ouin, ouin. Le génie se montre, il ne se proclame pas. Mais oui, il a de bons titres et quelques belles formules.

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  1. C’est vraiment un bon concept, un exercice pas forcément confortable et aux possibles vertus thérapeutiques insoupçonnées… J’ai bien trouvé l’inspiration (ou l’écoute) et tout noté. Est-ce qu’on sabote le processus si on ne trouve pas le courage de publier ? 😀

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    1. Je suis contente que ça t’ait plu et surtout que le corps ait répondu présent ! Le mien se dérobe encore à l’exercice.

      Je peux le publier de manière anonyme, ou sous pseudonyme, lors de la récapitulation finale des participations.

      De toute façon, je ne pense pas que le garder pour soi sabote le processus 🙂 et peut-être que le courage te viendra en voyant d’autres gens le publier.

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      1. Je suis sûr que le suspense sera ponctué d’une performance originale. Tu as aussi à apprivoiser le double tranchant du fait de recevoir tous les textes qu’il te faut ne pas reproduire !

        Pour le mien, oui, possiblement. Je vais y réfléchir, peut-être mater un peu la rébellion ou travailler un lâcher-prise.

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      1. Au même endroit, avec une lettre en moins. J’ai revu l’orthographe de mon pseudonyme donc l’URL a changé. Mais tu es abonnée, du coup le problème doit être ailleurs. Je ne sais pas. (Je me demande si nous faisons tous la même expérience de WordPress, car je ne vois pas les publications de toutes les personnes que je suis. L’algorithme me montre ce qui lui plaît.)

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      1. Merci de ton appréciation Frog, elle me fait bien plaisir.
        Est-ce que j’ai déjà utilisé le personnage de Yuja ? C’est possible, sans doute un tique d’écriture.

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      1. J’imagine qu’Hématie doit bien récriminer aussi de temps en temps, Quand il est dans les bouchons par exemple…Ou quand il pleut et qu’il ne peux pas monter sur ses dunes.

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          1. Merci de ton commentaire Lyssamara. Les plus grands, par exemple Gainsbourg, l’on déjà chanté : sea, sex and frites.
            J’aime bien ton texte qui met à l’honneur une partie de notre anatomie esssentielle. Les gambettes sont toujours présentes, toujours en appui, mais on ne les remercie jamais pour tout ce travail.

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  2. Bonjour Joséphine, je n’arrive pas à poster sur ton site la quête d’Hématie le globule rouge. L’adresse est la même que pour toutes mes autres participations (touslesdrapeaux/agenda_ironique.html).
    Pourrais-tu le mettre à ton niveau ?

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  3. Oh, là là là là….on est déjà fin février…En vérité, j’ai adoré le thème proposé…j’ai commencé un petit quelque chose dès le lendemain…et puis, la vie aidant, les jours passant, je l’ai oublié…Je viens de m’en souvenir…je ne sais pas si j’aurai le temps de le reprendre…Mince, alors !

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