Homme, tu seras femme

Je vais encore partir de Jung. Je pense dans la marge des livres. Je n’ai pas mieux ou plus à dire que les philosophes (au sens large) qui m’accompagnent, je mets seulement leurs pensées à l’épreuve de la vie. Moins créatrice que médiatrice d’idées. Idées médiées et donc filtrées, appropriées, trop mêlées à ma vie pour que je puisse en rendre compte en toute objectivité.

Une des raisons de mon grand amour pour Jung, c’est son grand amour pour les femmes, peut-être pour la femme plus que les femmes. Il a une dangereuse propension (dont il a conscience) à les idéaliser et donc à les réduire à une idée. Mais, à son époque et dans ces disciplines de la psyché qui ont été si profondément et férocement misogynes, un tel amour apporte un air frais et salutaire.

Au lieu de montrer comme Freud et Lacan que quelque chose manque à la femme, symbolisée ou plutôt asymbolisée par un trou à combler, il soutient qu’elle seule connaît la plénitude, la complétude, sous la forme à la fois d’une autosuffisance et d’une continuité avec la totalité du vivant, d’une proximité avec la nature et le Soi, l’homme se trouvant au contraire inachevé et donc dépendant de la femme.

Bien sûr, cette description du féminin est aussi partiale que celle de Freud et Lacan. Le manque ou la plénitude révèlent ici la psychologie personnelle de leurs auteurs et surtout du contexte culturel où ils s’inscrivent. Jung hérite des romantiques allemands et de leur éloge de la femme comme moins dénaturée que l’homme, plus proche de ses sentiments et de ses sensations, encore pure d’une modernité corruptrice, tandis que Freud et Lacan reconduisent la misogynie multiséculaire qui affirme que les femmes, étant des hommes incomplets, ont un manque à combler (qu’il soit organique ou symbolique) – et sont donc éternellement frustrées, insatisfaites et avides.

Jung lui-même reconnaît manquer de lucidité sur le sujet. Il lui arrive souvent de projeter son âme sur les femmes dont il tombe amoureux, de la chercher en elles. Sa fascination se perçoit d’ailleurs dans la formation de son école. Les femmes y occupèrent tout de suite une place prépondérante, y compris son épouse. Il considérait qu’elles faisaient de meilleures analystes, parce qu’elles se racontaient moins d’histoires, se montraient plus lucides et pragmatiques. Aussi partial que soit ce positionnement, il a cependant l’avantage de compenser la tendance de la société à les dévaloriser.

D’autre part, Jung caractérise le féminin et le masculin par des qualités qui sont facilement imputables, aujourd’hui, aux conditionnements culturels et sociaux. La définition qu’il en donne est souvent caricaturale. Mais l’essentiel de sa pensée est ailleurs : c’est la bisexualité de la psyché. Non comme Freud en termes d’orientation sexuelle (nous serions tous bisexuels et refoulerions l’une des tendances avec le temps), mais en termes d’identification sexuelle (notre psyché serait féminine et masculine).

Pour le comprendre, il faut revenir à l’inconscient collectif. Chez Freud et Lacan, la distinction entre conscient et inconscient est un fait de culture et donc une propriété de l’humain : le résultat de la scission de la conscience qui rejette dans l’ombre une partie d’elle-même devenue inconsciente (suite à l’interdit de l’inceste ou à l’entrée dans le langage). L’inconscient représente alors une nature animale, instinctuelle et anarchique que la conscience tentera de dominer et d’éduquer au mieux, en le satisfaisant en partie, mais en limitant ses exigences. Il sera aussi fortement individualisé : la plus inaliénable singularité de chacun, le lieu de son désir, de ses pulsions, façonné par son histoire, hanté par ses fantasmes et ses fantômes.

Au contraire, chez Jung, cette distinction entre nature et culture, entre humain et animal se résout dans la continuité de l’inconscient avec la conscience. L’inconscient est universel. Il concerne tout le vivant, si ce n’est toute la nature. Il représente l’intelligence sauvage, qui n’a rien de la sauvagerie. Loin d’être anarchique, l’état sauvage se distingue par son harmonie : voyez l’essaim ou la meute. Il donne l’exemple d’une bonne intégration des fonctions, d’une adhésion parfaite entre réalités extérieure et intérieure. Sans rien de débridé ni de dément, il se caractérise par la justesse des intuitions, la mesure des appétits, l’adéquation des réactions, dans un accord mobile, souple, parfaitement ajusté entre l’être et son environnement.

Notre inconscient doit donc être écouté, non pour satisfaire ses pulsions, mais pour recevoir sa sagesse ancestrale. Notre nature est saine. C’est notre humanité qui apporte le déséquilibre. Tandis que l’animal reste au niveau de la conscience collective, l’humain s’en distingue peu à peu par une conscience hautement individualisée, qui entraîne une rupture avec la communauté et donc une disharmonie. Cependant, Jung ne préconise pas pour autant un retour à l’harmonie de la conscience collective : nous ne pouvons pas d’un simple acte de volonté contredire l’évolution et il n’aime rien tant que la singularité, l’exception, l’unique en chacun de nous. L’individuation poursuit le mouvement évolutif, en développant la conscience dans le prolongement de l’inconscient, mais sans inviter à y retourner, ce qui reviendrait à la barbarie : les déchaînements de la masse qui ne sont pas l’harmonie de l’ensemble.

L’inconscient collectif est peuplé de symboles, d’images et de mythes que nous partageons tous, que nous retrouvons partout, parce qu’ils expriment ce donné de l’âme, dû à l’évolution, à notre nature commune. Il existe aussi un inconscient individuel, plus superficiel, mais notre singularité se situe surtout dans notre conscience : notre manière d’amener au jour l’inconscient, de le décliner dans toutes les spécificités de notre être unique. L’inconscient collectif s’articule en archétypes, c’est-à-dire en formes a priori de l’expérience, sur le modèle kantien, qui structurent universellement l’esprit. Comme les formes a priori de la sensibilité de Kant (l’espace et le temps) permettent de saisir le sensible, mais ne peuvent en retour être saisies par notre sensibilité, les archétypes déterminent notre psyché, mais lui restent inaccessibles. Ils ne se manifestent à la conscience que médiés par des symboles, qui se retrouvent dans toute l’humanité – mythe du déluge, de la dévoration, du duel avec le monstre, forme de la croix ou du mandala, etc. On croit souvent qu’ils se réduisent à ces motifs mythologiques définis, mais ceux-ci ne sont rien d’autre que leurs manifestations conscientes.

L’archétype allie image et émotion en une seule motion. Il est une potentialité qui cherche à se réaliser, une forte charge d’énergie psychique qui souhaite s’épancher et oriente à cette fin l’évolution de la personnalité. D’où les étapes de l’individuation qui se retrouve d’un individu à l’autre. Tout le monde doit affronter les figures de l’inconscient collectif : maternelle et paternelle, persona, ombre, anima ou animus, Soi, et bien d’autres encore. Cette liste nous échappe en grande partie. Autrement dit, une fois distincte de l’inconscient, la conscience doit y revenir pour faire face à ces forces qui la déterminent sans qu’elle le sache. Elle ne va pas les affronter, la lutte se solderait par sa défaite, mais les intégrer à elle.

J’ai déjà mentionné le premier archétype : l’ombre. Suit son opposé : la lumière de la persona, la personnalité montrée à la société, parée de ses atours et de ses avantages, qui porte le nom du masque de théâtre et en a l’apparence à la fois satisfaisante et frustrante. Ce concept voisine celui de faux self de Winnicott, qui désigne une telle adaptation aux contraintes sociales que la véritable personnalité sombre dans l’oubli. Tout un jeu s’instaure avec la persona entre se cacher et se montrer. Loin d’être aussi superficielle qu’elle ne semble, cette fonction est indispensable à l’insertion dans la société et le sujet y consacre une énergie considérable, le plus souvent dans la première partie de sa vie, jusqu’à ce que son moi authentique s’impatiente et exige plus d’attention. L’identification exagérée et exclusive à la persona devient une mascarade : il faut jeter le masque pour retrouver son vrai visage et trouver un sens à la vie qui soit le nôtre et non celui des valeurs dominantes.

Viennent ensuite l’anima et l’animus, correspondant à la femme dans l’homme et à l’homme dans la femme. La femme a refoulé sa partie masculine devenue inconsciente et, inversement, l’homme a refoulé sa partie féminine devenue inconsciente. L’âme doit réintégrer la polarité qui manque à sa complétude, ce qui déplaît fortement et suscite de vives résistances. L’homme craint d’être efféminé et la femme hommasse – les adjectifs péjoratifs qui décrivent ces tendances le montrent suffisamment. Notre société encourage, ou du moins a encouragé jusqu’à récemment, à être le plus homme des hommes et la plus femme des femmes, à admirer ceux ou celles qui auraient plus de virilité ou de féminité que nous et à les prendre pour modèles. Or personne n’est entièrement homme ou femme et nous nous amputons ainsi d’une part vivante de nous-mêmes.

Sur le sujet, Jung mentionne moins un refoulement qu’une compensation : l’inconscient exerce sur le conscient identifié à un sexe les caractéristiques de l’autre sexe, afin d’équilibrer les valeurs de l’un et de l’autre. Ainsi, l’inconscient féminin est masculin et l’inconscient masculin féminin. Cet inconscient genré s’appelle animus chez la femme et anima chez l’homme. La première erreur, inévitable, consiste à le projeter sur les personnes de sexe opposé : parents, partenaires, amitiés. Les hommes chercheront leur âme dans la femme et inversement les femmes leur âme dans l’homme, croyant en un éternel masculin ou féminin. Chercher ici peut signifier aimer mais aussi s’identifier.

La bisexualité de la psyché, qui cherche à se réaliser par compensation de l’inconscient vis-à-vis du conscient, se trouve illustrée par les mythes de l’hermaphrodite, de l’androgyne, du couple primordial, de l’hiérogamie, de la syzygie, etc. Pour l’accomplir, il faut désinvestir les personnes de notre vie des figures de l’anima et de l’animus. Par cette projection, nous leur donnons en effet toute puissance sur notre psyché. Il faut ensuite affronter ces archétypes en nous-mêmes, sans plus croire les rencontrer dans la réalité. Ce qui revient à intégrer les valeurs inverses de notre identification sexuée – dans notre culture, celles de la sensibilité et de la faiblesse pour les hommes et celles de la rationalité et de la force pour les femmes – mais également à reconnaître que cette femme ou cet homme qu’on attend comme le sauveur ou auxquels nous nous identifions comme au sauveur sont en fait la part manquante de nous-mêmes. Ce processus d’intégration, comme tout le processus d’individuation, n’a pas attendu Jung pour s’accomplir bien entendu. Il appartient à une sagesse immémoriale que transmettent métaphoriquement contes et légendes et que la psyché assimile intuitivement.

Je ne dis pas que Jung a raison, mais il décrit assez bien mon expérience. Personnellement, je me sens femme, mais pas tout le temps, entièrement, profondément, j’aime aussi mon masculin et j’ai longtemps souffert de son atrophie. D’autre part, je n’ai jamais rencontré qui que ce soit qui incarne un genre sans reste, qui figure l’absolu masculin ou féminin. Mon animus, enfant, c’était un petit garçon, qui rêvait d’être aviateur, un masculin sans virilisme, de pure neutralité, qui me permettait de m’échapper de la cage où l’on tient les filles pour aller visiter le ciel. Puis, je l’ai perdu de vue, longtemps, il me manquait. Je me souviens à l’adolescence avoir écrit des lettres à un frère imaginaire. Mais ça valait le coup de l’attendre. Quand je l’ai retrouvé, c’était un dragon. Il m’a emmené vite fait bien fait loin de ce pays de l’attente, de la soumission, de la faute.

Je le retrouve dans mes personnages. Enfant prodige, chevalier paresseux. Je l’imagine comme un pont : ce qui permet de relier intériorité et extériorité, d’être soi en société, de matérialiser en mots les images, un médium. Il a le sens des choses et du monde qui me manque. Et bien sûr, il m’arrive de le projeter sur qui vous savez. Qui se défend d’ailleurs de cette idéalisation et il a bien raison : être idéalisé empêche d’être incarné, figurer l’inconscient de l’autre interdit toute rencontre réelle. Souvent, j’ai l’impression d’être toute féminine. La féminité est comme un bain, où je me sens bien, presque trop, le masculin m’est nécessaire comme une serviette pour éponger tout ça. À d’autres moments, je suis tout étonnée qu’on s’adresse à la femme en moi, alors qu’elle est partie depuis belle lurette – je ne peux pas vivre tout le temps avec, elle est un po’ impegnativa – sans que le masculin l’ait remplacée pour autant. Je ne me pense pas toujours comme genrée.

Revenons sur un terrain moins subjectif. Quand nous examinons le féminin ou le masculin, il est impossible de les définir, de les circonscrire. Par certains comportements ? Nous réifions alors le culturel en naturel, l’acquis en inné. Par les organes et les hormones ? Oui, mais comment créer du symbolique à partir du biologique ? Ou bien, par quelle métonymie magique, passer de l’attribut à l’essence ? Reste l’irréductible différence du chromosome. Que dit-elle de notre psychologie ? Qu’en tirez au-delà de la divergence de la lettre ? Les recherches actuelles le disent peut-être. Quant à moi, je l’ignore.

La distinction biologique est indubitable. À force de déconstruire la culture, on voudrait faire de tout une construction culturelle : mais le réel résiste. Toutefois, toute inférence à partir de cette différence vers une essence ou une nature, un type de sensibilité ou une sorte d’être-au-monde se rend coupable de stéréotypes et compte d’innombrables exceptions. Dans une certaine mesure, le stéréotype est incontournable : comme représentation mentale permettant d’imaginer le féminin et le masculin en nous, entre nous, d’autant que les archétypes s’imaginent, ils ne se conçoivent pas. Sans doute contient-il une vérité – la biologie nous le dira un jour. Cependant, il contient aussi bien des erreurs qui ont justifié un système de domination aliénant les femmes, mais aussi les hommes, en les obligeant à se méconnaître pour intégrer la société, à sacrifier une part d’eux-mêmes et perdre ainsi considérablement en puissance et en profondeur.

D’ailleurs, quand je songe aux autrices et aux auteurs que je préfère, ils ont tous accompli ce mariage du féminin et du masculin. Qui sait mieux aimer qu’Eluard, sentir que Pessoa, ils nous donnent une leçon dans ces domaines pourtant considérés comme féminins. Et quelle leçon de force, à l’inverse, chez Sapienza. Je ne trouve son équivalent dans aucun livre d’homme du XXe siècle – que je n’ai pas tous lus, évidemment. De même, la personne morale de Sartre face à celle de Weil ne tient pas une seconde : c’est chez elle que se trouve cette puissance dite virile de l’action, de la pensée faite action. Comme j’aime sa rigueur glacée du fond de sa passion ardente, sa passion jusqu’au sens christique du terme : le sacrifice. C’est la définition même du courage et de la lucidité, que tant d’hommes croient être leur privilège. Ce qui ne revient pas à dire qu’il faut renier son genre. Woolf fait dans la sensibilité, sans jamais tomber dans la sensiblerie. Pour qui sonne le glas est un livre d’action pure, qui ne joue pas des muscles pour autant. Précisément parce qu’ils ont intégré ce qu’il leur fallait de masculin ou de féminin, la pointe de l’opposé qui les retient de se complaire en eux-mêmes. M’irritent au contraire les postures genrées, les écritures qui se veulent viriles ou féminines, ridicules dans l’un ou l’autre cas : ces femmes qui se veulent si sensibles (où sont les sels ?) et ces hommes si réalistes (vite, il leur faut la hache et la bûche). Mais je ne me limite pas à cette grille de lecture, si bien nommée grille : elle emprisonne la littérature. Quand Ponge me parle du pain, je me soucie peu de ce qu’il a dans le pantalon.

Si la différence psychologique entre homme et femme est si difficile à situer, ce n’est pas qu’elle n’existe pas, c’est qu’elle est insituable, mouvante, singulière à chacun, incarnée dans sa spécificité qu’il n’a même pas choisie. Chacun affronte à sa manière l’anima ou l’animus, selon des modalités et des mesures qui changent au long de la vie. L’individuation n’est pas aussi linéaire que je ne le montre ici, par souci de clarté, elle s’accomplit de manière circulaire, les archétypes vont et viennent. La différence ne se situe pas seulement entre nous, mais à l’intérieur de nous. Non pas que nous soyons tous hermaphrodites. Mais nous avons tous, dans des mesures sans doute différentes, de l’homme et de la femme. Il ne s’agit pas de créer du même, de dire qu’on est tous pareils, mais de souligner le mêlé, de dire qu’on est plus variés qu’on ne le croyait et différents même de nous-mêmes.

Il faudrait mentionner les transgenres, mais ce terme désigne un ensemble trop divers pour être résumé. Je ne parlerai pas en leur nom, comme ils ne parlent pas en mon nom. Même ceux qui ne vivent pas leur situation peuvent penser leur identité sexuée. Reconnaître qu’on est tous un peu mêlés permettrait aussi, j’imagine, moins de discrimination à leur égard. D’autre part, il est important de pouvoir réfléchir au masculin et au féminin en dehors de la théorie du genre, qui ne constitue pas, comme beaucoup semblent le croire, la vérité en soi.

Je crois aussi à la nécessité de penser la personne sans référence sexuée. Il y a une tendance, depuis Freud, à penser la psyché comme foncièrement sexuée, voire à considérer le fond de la psyché comme sexualité, ce qui finalement déifie la sexualité : elle remplace les anciens dieux, elle devient l’essence de l’âme – terme sans doute inadéquat, mais qui renvoie bien à quelque chose, ce qui nous anime. Et là, on s’égare. La différence sexuelle, la sexuation, la sexualité, etc., c’est important, ça existe, mais ça ne dit pas le tout ni le fond. D’ailleurs, toutes nos identités, sexuelles ou non, sont relatives : elles se métissent, se détissent, varient de sens et d’importance, comme notre vie en constante mutation. C’est là où toute cette catégorisation de la moindre singularité, mode venue des États-Unis, se révèle impropre et indigente : elle multiplie les termes de définition de soi parce que justement soi, ça ne se définit pas de manière stable, définitive et exhaustive. J’ai l’impression qu’on essaye de mettre tant de noms par peur du vide qu’on porte, ce que je comprends. Ce vide, pourtant, on devrait s’y tenir et laisser venir. C’est comme si on ne pouvait plus être seul à être soi, qu’il fallait tout de suite faire école de son exception. Le hors-norme devient la norme, mais pour formater davantage.

Quand je m’adresse à quelqu’un, je m’arrête à la personne et le genre, l’origine, l’âge, toutes ses identités gravitent autour sans me fournir la moindre réponse sur qui elle est : elles sont ce que la personne en fait. On est un ensemble complexe, avec des noyaux mouvants, prenant tour à tour la place du centre et se retrouvant de même tour à tour satellites – et parfois, seulement occasionnellement, le noyau sexué se trouve au centre. Même le manque d’intérêt pour la sexualité, il faut aujourd’hui le qualifier d’asexualité, donc le réassigner dans le champ sexuel. Cela manque cruellement d’intimité. Peut-être que nous avons besoin sur ces sujets d’un peu de silence. Non pour interdire de penser : pour que se forme une pensée à soi.

7 commentaires sur “Homme, tu seras femme

  1. Je n’ai jamais lu Carl Jung et il y a des années que les uns ou les autres me conseillent de le faire.

    Ce que tu dis ici de l’anima et de l’animus m’ont fait sauter le pas.

    Merci, Joséphine, d’être arrivée à faire bouger mon inertie !

    Aimé par 1 personne

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