La dystopie de 1984 s’incarne dans la figure de l’intellectuel : O’Brien, un homme doté d’autant d’érudition que de pénétration, tortionnaire qui joue au professeur. Le régime totalitaire décrit ici n’impose pas des idéaux de gauche ni de droite – chaque tendance politique y reconnaîtra son adversaire – mais un mode de pensée propre à certains intellectuels : la suprématie de la conscience et en conséquence le déni de toute réalité qui ne soit pas médiée par elle, une rhétorique raffinée à l’extrême qui parvient à neutraliser la parole et la pensée de l’adversaire en abolissant subtilement la logique, un mépris pour la vie, l’évidence et le sens commun, où le désir de distinction s’exprime par des contradictions qui tiennent lieu de découvertes, enfin l’ivresse de pouvoir que donne la supériorité du savoir, la cruauté de jouer, comme le chat avec la souris, avec des esprits moins agiles et prompts.
Je décris depuis longtemps ce tour d’esprit : c’est le postmodernisme. Non pas que George Orwell le prévoyait dès 1949. Non, c’est que le postmodernisme n’est que la manifestation contemporaine d’un mouvement plus ancien où se mêlent le goût de la sophistique et la conception solipsiste. Son article de foi fondamental est la négation de la vérité objective. Ainsi, une intelligence singulièrement douée, ivre de sa capacité de compréhension du monde et de sa supériorité sur celle des autres, arrivant au faîte de la raison, perd la raison et ne croit plus qu’en sa propre existence, et tout le reste ou n’existe pas ou n’existe que dans la mesure où elle existe et pour qu’elle y exerce son pouvoir. Orwell n’a de cesse de critiquer cette tendance des intellectuels, qui représente un danger pour la liberté de pensée de toute la société, et 1984 en est l’allégorie.
Le lavage de cerveau que le parti inflige à Winston reproduit, mot à mot, un traitement postmoderne : « Cela exigeait aussi une sorte de gymnastique de l’esprit, une capacité à réaliser de subtiles opérations logiques et, l’instant d’après, à fermer les yeux sur les plus grossières erreurs de raisonnement. La bêtise était aussi nécessaire que l’intelligence, et tout aussi difficile à atteindre. » Ce procédé se nomme dans le livre doublepensée. Comme le parti, le postmodernisme comprend aussi tous les degrés de l’intelligence : d’O’Brien où je reconnais Lacan et Foucault (qui à la jouissance de pouvoir que leur donnait leur savoir ajoutaient le délice de dénoncer justement l’équivalence savoir-pouvoir) à Parsons où se retrouvent tous ces militants dociles si contents de faire l’autocritique même de leur inconscient.
Lorsque la seule réalité est celle de l’esprit, le langage prend une importance démesurée. Si vous changez le langage des gens, vous changez leur pensée, c’est-à-dire, selon une conception solipsiste, la réalité elle-même. Le parti consacre donc des efforts considérables à réformer la langue et particulièrement à la mettre à jour, comme un programme : c’est la novlangue, la langue nouvelle mais aussi perpétuellement renouvelée selon les valeurs du jour, par négation réitérée de la profondeur historique qui lui donne son épaisseur de sens, sa richesse d’expression et de suggestion. Il faut la réduire l’os, lui faire perdre ses ambivalences et ses nuances, n’y garder que la transparence, mais une transparence schizophrénique, où le mot a été tellement réduit qu’il peut désigner tout et son contraire. Un des principes de la novlangue est en effet la neutralisation de la contradiction :
« Le ministère de la Paix s’occupe de la guerre, le ministère de la Vérité des mensonges, le ministère de l’Amour de la torture et le ministère de l’Abondance de la pénurie. Ces contradictions ne sont pas fortuites, pas plus qu’elles ne résultent d’une banale hypocrisie : ce sont des opérations délibérées de doublepensée. Car ce n’est qu’en neutralisant les contradictions qu’on peut conserver le pouvoir indéfiniment. C’était la seule manière de rompre avec le schéma ancien. Pour se prémunir à jamais de l’égalité humaine – pour que ceux d’en haut, comme on les a appelés, puissent conserver leurs positions indéfiniment –, l’état psychologique dominant doit être celui d’une psychose administrée. »
Le principe s’applique aujourd’hui dans l’idéologie du genre, une des dernières formes de postmodernisme. La guerre, c’est la paix ; la liberté, c’est l’esclavage ; l’ignorance, c’est la force ; et maintenant : l’homme, c’est la femme ; le mâle, c’est la femelle ; ou la binarité, c’est la non-binarité ; le père, c’est la mère ; la sœur, c’est le frère ; trans, c’est cis ; hétéro, c’est homo ; etc. Ce mouvement veut, à la suite de Derrida puis Butler, déconstruire toutes les oppositions binaires, c’est-à-dire détruire l’idée même de contradiction par la violation réitérée du principe de non-contradiction. Il est avéré que cette idéologie ne présente aucune avancée en philosophie, qu’elle dessert à terme les intérêts des trans et entretient la dysphorie au lieu de la résoudre : alors pourquoi nous est-elle imposée avec autant d’insistance ? Je ne le sais pas ; mais la dernière remarque est éclairante : alors que l’inégalité a rarement été aussi prononcée qu’aujourd’hui, que le néolibéralisme détruit petit à petit la solidarité sociale et qu’il est urgent de remédier à ces injustices, ainsi qu’à la crise climatique, c’est cette psychose qu’on nous administre.
Le parallèle se poursuit entre le délire intellectuel de 1984 et le postmodernisme actuel. Le refus de la réalité, partant des mêmes présupposés, amène aux mêmes résultats : le discrédit de la science qui va jusqu’à nier les lois de la nature ; la réécriture permanente du passé en ce qu’il contredit notre version du présent ; la négation du libre arbitre qui passe par le contrôle de l’esprit puis du cœur ; la profession de haine pour se maintenir dans l’aveuglement nécessaire.
Le sexe que nous percevons, son rôle dans la reproduction, son histoire au sein de l’évolution, son importance pour notre sexualité, tout ceci se trouve nié. De même, O’Brien affirme sans ambages : « Nous contrôlons la matière parce que nous contrôlons l’esprit. La réalité est à l’intérieur du crâne. Tu comprendras petit à petit, Winston. Rien ne nous est impossible. L’invisibilité, la lévitation – nous pouvons tout. Si je le voulais, je pourrais m’élever du sol en flottant comme une bulle de savon. Je ne le veux pas, parce que le parti ne le veut pas. Tu dois te débarrasser de ces idées du XIXe siècle sur les lois de la nature. Nous faisons les lois de la nature. »
Quant à la réécriture du passé, selon cette idéologie, la vie de la personne qui transitionne doit être entièrement révisée au nom de sa nouvelle identité et la transidentité a toujours existé, ce qui amène à réinterpréter l’histoire et la littérature. La mémoire est donc abolie avec l’archive ; et comme dit le parti : qui maîtrise le passé décide de l’avenir. Il nous faut aussi intégrer cette vision du monde dans notre langage, notre perception et même notre désir – la sexualité se définissant par l’attraction au genre et non plus au sexe. Nous ne pouvons douter du dogme du genre et devons lui accorder une place jusque dans notre coeur. La critique serait un crime, à neutraliser, comme la contradiction, par la technique préconisée par le parti appelée crimestop : la destruction du doute intempestif, de notre perception perspicace, de notre souvenir exact dès qu’ils commencent à prendre forme dans l’esprit.
De même, dans d’autres champs de la culture, le passé est retraduit selon les critères du jour, et non étudié au plus près de sa réalité. Les analyses postmodernes de la critical race theory et des gender studies viennent enfin nous informer que nous sommes tous racistes et sexistes, même si nous ne pensons pas l’être, ou ne souhaitons pas l’être, et essayons de réduire ces discriminations par nos propres actions. Elles ne croient donc pas au libre arbitre (si je décide de faire ou ne pas faire une chose, j’agis en conséquence) et prétendent réformer notre inconscient au-delà de notre conscience. Toutes ces théories tiennent par la haine professée envers un fascisme en grande partie fantasmé (même si le fascisme représente aussi un réel danger). Dans leur aveuglement, elles deviennent sexistes et racistes alors même qu’elles prétendaient lutter contre ces maux, et leur bien-pensance s’exprime par une violence revendiquée envers les libres penseurs.
Parfois, lorsque j’échange avec des postmodernes, leur déréalisation me donne des frissons. Leurs idées, auxquelles eux-mêmes ne semblent croire que pour la beauté du geste, finissent par percuter des êtres de chair et de sang ; mais ces vies ravagées ne les concernent pas. Comme le dit O’Brien à Winston : tu n’existes pas, et si tu existes, ton existence n’entre pas en ligne de compte, tu n’es qu’un accident passager dans l’avancée de ma pensée. Pour ce type d’intellectuels, les mots sont creux. Nous y mettons notre cœur. Ils jonglent avec, et sourient à nos convulsions. Mais tous n’agissent pas avec autant de légèreté et d’inconscience ; et si 1984 laisse imaginer ce qui arriverait si le postmodernisme disposait des pleins pouvoirs, tous ceux qui adoptent cette philosophie ne sont pas pour autant des O’Brien et des Parsons. Sans doute n’ont-ils pas considéré toutes ses implications.
Souvent, lorsque nous relevons une contradiction dans leur raisonnement, ils rétorquent que la cohérence est une illusion puisque nous ne sommes que contradictions. Ce qui nous amène à un autre trait de ce type de pensée : l’égocentrisme, l’anthropocentrisme. Je suis incohérent (ou l’humain est incohérent), donc rien ne peut être cohérent, seule l’incohérence est véritable, la cohérence est une illusion, je suis la seule réalité. Moi, moi, moi. Le moi, c’est le néant. J’ai toujours un vertige devant la vacuité du postmodernisme – même lorsqu’il n’est pas idiot, il est vide. Dans ce cas, le vice de forme est évident. Ce n’est pas parce que l’être humain est contradictoire qu’il ne peut pas produire un raisonnement sans contradiction et cette cohérence de la pensée garantit sa prise sur la réalité – mais encore faut-il croire à la réalité.
Dans les termes d’O’Brien : « La terre n’est pas plus ancienne que nous. Comment pourrait-elle nous avoir précédés ? Rien n’existe en dehors de la conscience humaine. » Ou encore : « Hors l’homme, il n’y a rien. » Même mâtiné d’une critique de l’anthropocène, le postmodernisme reste anthropocentrique, projetant de toutes parts l’humanité dont il ne sait s’extraire. Sous la forme d’un posthumanisme, il considère la science comme un des récits possibles sur la nature et le plus pauvre d’entre eux. Or si la science n’est qu’un récit parmi d’autres, elle est le seul où la nature se trouve au centre. La science est objective, tournée vers l’objet et n’a cessé de décentrer l’humain (la Terre n’est pas le centre de l’univers, l’humain est un animal parmi d’autres, etc.), tandis que les récits alternatifs que propose le posthumanisme restent subjectifs et remettent l’humain au centre, et la nature, c’est vrai, dans le sens du rapport humain à la nature, de la nature humaine, de la nature qui nous est donc la plus naturelle. Je comprends le charme qu’exercent ces récits, puisque la science, par son objectivité et son décentrement, amène à marginaliser outre mesure le point de vue humain et à déshumaniser le savoir. Mais nous pouvons laisser une place à l’expression subjective, à la nature humaine sans nier pour autant la vérité objective, la nature dans son indifférence à l’humain.
Au passage, Descartes n’est pas solipsiste ni dualiste. Il cherche l’articulation de l’âme au corps et la garantie pour l’esprit d’une réalité extérieure. Non seulement pas il n’est pas à l’origine du postmodernisme et de l’idéologie du genre (ce que suppose étrangement Helen Joyce dans Trans), mais sa liberté de pensée et son esprit méthodique offrent le meilleur moyen d’en sortir. Et les postmodernes le savent bien qui s’en servent comme d’un contre-modèle.
Entre mutabilité permanente et dogmatisme absolu, l’intellectualisme décrit par Orwell se caractérise par une duplicité allant jusqu’au sadisme. O’Brien est bien fou, fou de trop d’intelligence tournant à vide, emballée par son propre mouvement et ne souhaitant plus que détruire ce qui l’entoure pour éprouver sa propre puissance. À la fin, il révèle qu’il n’y a pas d’autres raisons à ce régime absurde que la jouissance du pouvoir à l’état pur. Non pas les plaisirs et les avantages que confère le pouvoir, basses matérialités qui ne concernent pas un homme aussi spirituel que lui, non, rien que le pouvoir brut de rompre le dernier ressort d’un cœur. « Toujours demeurera – n’oublie pas ça, Winston – l’ivresse toxique du pouvoir, qui, elle, ne cessera de croître et de se raffiner. »
Winston finit par céder, mais il a montré les failles par où leur régime s’écroulera. « La vie vous vaincra », prévient-il. La vie qui se perpétue dans la matière et l’émotion et renverse les frêles édifices de nos idées, l’univers inaltérable où nous ne sommes que poussière balayée dans l’espace, la nature humaine qui n’est pas aussi malléable que le croit O’Brien. En effet, pour vaincre la résistance de Winston, il doit le briser, le réduire à un état presque végétatif, dans la brume de l’alcool et du sommeil, une demi-conscience où émergent des pensées sans suite ; et donc il a perdu. Il ne peut pas vraiment modeler la vie selon son caprice, la faire plier à son désir, rien que l’amoindrir, la réduire à un presque rien qui semble une soumission mais n’est qu’une extinction ; et la vie reprendra, et avec elle la rébellion. O’Brien ne sait que détruire. Il ne crée rien. Nous pourrions inverser sa philosophie : ce n’est pas le réel qui n’existe pas sans lui, mais lui qui n’existe pas sans le réel. S’il ne rencontrait pas la résistance de la désobéissance, il n’aurait plus aucune raison d’être. Il est vide, il n’ajoute rien au monde. Son esprit, dont il est si épris, n’engendre pas l’être, mais le néant, et ce néant, il cherche à le répandre dans l’esprit des autres, parce que leur vitalité révèle sa propre morbidité. Il essaye de s’entourer de semblables : de morts-vivants.
Si le postmodernisme ne tombe pas jusque-là, son amertume et son nihilisme ne présagent pas une grande vitalité, et sa déconstruction apporte systématiquement la destruction. Nous voyons aujourd’hui où mène son délire en matière de sexe et de sexualité, mais il provoquera les mêmes dommages quel que soit le champ de la société, comme le montre l’analyse postmoderne de la pandémie par Agamben. Bien sûr, les postmodernes sont malins : ils soutiendront qu’ils prennent en compte la réalité au moment même où ils l’écartent ou la trafiquent, ou bien qu’ils se réfèrent à la science dans le geste où ils l’invalident, selon ce procédé de doublepensée que résume Lacan à sa manière : « voilà la grande erreur de toujours : s’imaginer que les êtres pensent ce qu’ils disent », ce qui ne révèle pas grand-chose sur les êtres, mais beaucoup sur Lacan.
L’originalité et la radicalité d’Orwell, c’est de montrer que la liberté se fonde sur la vérité objective. La vérité non pas avec une majuscule, ai-je envie de dire, mais toute en majuscules, à inscrire au frontispice de nos pensées. La liberté n’est pas garantie par la vérité de chacun mais par la vérité des choses, du monde, des mathématiques. Vérité de 2 +2 = 4, de l’eau qui coule, du feu qui brûle, de notre peau qui palpite, du sol qui nous soutient, de la gravité qui nous retient. Vérité du corps plus que de l’esprit, de la nature où nous sommes pris – et Orwell rappelait, à une époque où la machine et la ville étaient célébrées, que le voisinage de la nature préserverait la paix, en nous ramenant à notre sensibilité et notre petitesse.
1984 m’évoque aussi la lassitude et le dégoût que nous sommes nombreux à ressentir. Toute la politique semble se réduire désormais à une semaine de la haine – lorsque le parti orchestre d’incessantes célébrations pour inciter le peuple à détester jusqu’au délire les étrangers et les résistants. De même, aujourd’hui, haine de l’étranger, de la minorité, de l’autre sexe, de l’autre parti, de l’autre classe, haine de Macron ou de Mélanchon, misandrie contre misogynie, etc. L’autre, c’est le mal et nous, le bien. Et savoir que l’autre pense la même chose excite notre haine. On n’attendait que ça. Exutoire à la violence dans nos sociétés policées. L’authenticité d’un engagement semble se mesurer à notre degré de détestation.
Je dois avouer, quitte à me faire haïr de tous les côtés, que je ne hais personne et surtout aucune catégorie de personnes. Je pardonne même la haine au niveau personnel, jamais au niveau politique. La plupart du temps, nos adversaires ne sont pas des buveurs de sang et des fauteurs de chaos, mais seulement des gens qui ont des intérêts, des valeurs et des conceptions du monde différentes des nôtres, et nous pourrions discuter, argumenter, user de la libre pensée qui nous reste pour atteindre la vérité au lieu de nous invectiver, y compris au sein d’un même camp, pour contraindre à la conformité.
Un garde-fou contre la haine : notre humanité. Rappelons-nous que nous sommes des animaux. Au sens noble de l’animal. Des cœurs tour à tour traqués et prédateurs. Des chasseurs d’espérance. Cruels, mais surtout vulnérables. Des êtres plus sensibles que pensants, dont la pensée n’est que l’ultime manifestation de la sensibilité, sa forme la plus récente et fragile. Qu’une idée est peu de chose face à un visage. La politique devrait nous apprendre à vivre dans la différence et le dissensus, à trouver une harmonie même dans le désaccord. L’accord complet ne saurait être que totalitaire. Platitude sans doute, mais il faut parfois défendre les platitudes !
« Winston sentit son cœur lui manquer à la pensée de la puissance démesurée qui était déployée contre lui, à la facilité avec laquelle n’importe quel intellectuel du parti le remettrait à sa place au moyen d’arguments subtils qu’il serait incapable de comprendre, et plus encore de contrer.
Et pourtant, il avait raison ! Ils avaient tort, il avait raison. Il fallait défendre les évidences, les platitudes, les vérités. Les truismes sont vrais, accrochons-nous à cela ! Le monde physique existe, les lois ne changent pas. Les pierres sont dures, l’eau est liquide, tout objet lâché est attiré par le centre de la Terre.
Avec le sentiment d’énoncer un axiome important, il écrivit :
La liberté est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Si cela est accordé, tout le reste suit. »
« Le fait d’appartenir à une minorité, même une minorité d’une seule personne, ne faisait pas de vous un fou. Il y avait la vérité, il y avait la fausseté, et si vous vous cramponniez à la vérité, même contre le monde entier, vous n’étiez pas un fou. Un rayon jaune du soleil couchant traversa obliquement la fenêtre, tomba sur l’oreiller. Il ferma les yeux. Le soleil sur son visage et la douceur du corps de Julia contre le sien lui donnaient, dans la volupté du sommeil qui le gagnait, une sensation de force et de confiance. Il était en sécurité, tout allait bien. Il s’endormit en murmurant : « La santé mentale n’est pas une réalité statistique », avec le sentiment que cette pensée recelait une profonde sagesse. »
Très belle traduction de Celia Izoard aux éditions Agone.

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