D’un tic de langage

Comme mère, comme femme, comme Française. Comme homme blanc, cisgenre, pansexuel et citoyen du monde. En tant que croyant, chrétien ou musulman, ou bien en tant qu’athée et laïc.

Dès qu’une personne prend la parole dans l’espace politique, elle semble obligée de déclarer son identité, une identité qui la qualifie ou la disqualifie sur certains sujets et permet de la situer dans la guerre des cultures et des partis. Par exemple, le croyant qui se déclare tel se croit plus moral, le laïc plus tolérant. Vraiment ? L’histoire d’anticléricalisme des défenseurs de la laïcité et le mépris mêlé de méfiance de beaucoup d’athées me fait douter de leur soi-disant tolérance. En retour, les turpitudes sans fin des églises et les innombrables massacres exécutés au nom de la religion me font douter de la supériorité morale des croyants. De même, une mère ou un père se soucieront plus, paraît-il, du bien-être des enfants et de l’avenir de la planète ou de la société. Mais qui ne connaît pas des mères tirant plaisir à ravager leurs enfants ou des pères dont la paternité s’est plus ou moins arrêtée à l’éjaculation ? Quant à la nationalité, en quoi se déclarer d’un, deux ou de tous les pays donne un avantage moral ?

Je propose une nouvelle manière de manifester son identité et la moralité qu’on lui attribue ainsi : par ses qualités. L’intelligence, la connaissance, la politesse et l’attention, la sensibilité, l’inventivité, l’honnêteté et l’humilité, la bravoure, l’endurance ou le sens de l’humour ne sont que certaines d’entre elles. Si seulement elles pouvaient se retrouver plus souvent dans les discours et les comportements. Si du moins elles pouvaient être notre idéal plutôt que la panoplie des groupes où nous ranger – mais il est bien plus difficile de faire preuve de ces qualités que de se ranger dans un de ces groupes. Je juge une pensée et la personne qui la porte d’après ces critères-là, non pas à son nombre d’enfants, son sexe ou son orientation sexuelle, la nationalité de son passeport, de ses ancêtres ou de ses fantasmes, sa fréquentation de telle ou telle église ou d’aucune. Franchement, I couldn’t care less.

4 commentaires sur “D’un tic de langage

  1. Ah, l’atroce intolérance de l’athée Michel Onfray (pour ne citer que lui) !
    Ce monsieur était prof. de philo avant de comprendre qu’il était beaucoup plus rentable de jouer la provocation envers les religieux de tout poils, surtout en se faisant inviter à la télé pour servir son discours.
    (re) bonne journée, Joséphine.

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    1. Je le connais très peu, mais apparemment il est insupportable à la plupart des gens que je connais. Je ne l’ai écouté qu’une fois, il se réclamait de Nietzsche, tout en étant pétri de ressentiment. Cela m’a fait sourire : rien de moins nietzschéen que le ressentiment.

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      1. Il y a tellement de gens qui se réclament de Nietzche, sans jamais avoir lu une ligne de lui. (Mais ce ne doit quand même pas être le cas de ce monsieur Onfray, qui a quand même a été professeur de philosophie).
        Bonne soirée, Joséphine. (une soirée parisienne ?)

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