Yoga

Puisque je parlais récemment de soin psychique, de thérapeutique, je me dois de mentionner le yoga. Non seulement la gymnastique qui porte ce nom, mais sa signification spirituelle et son fondement, la méditation. Je vois bien que je m’aventure ainsi sur des terrains glissants : l’endroit où la philosophie dans son ambition de fusionner vivre et savoir devient développement personnel, là où la recherche de sens après avoir tenté de gravir de nouveaux sommets retombe platement dans le lieu commun. Mais je ne veux pas m’en éloigner pour autant, dans l’idée de préserver quelque posture de supériorité envers ces pratiques qui suscitent aujourd’hui tant d’engouement.

La souffrance est finalement le seul sujet, notre souffrance comme celle des autres, puisque pour des êtres dotés d’empathie, l’une et l’autre finissent par ne plus se distinguer. J’ai longtemps pensé qu’elle était la racine du mal (on fait souffrir parce qu’on a souffert), mais la situation est plus complexe (celui qui ne connaît pas la souffrance l’inflige sans conscience), et les humains sont si divers et si atrocement raffinés dans ce domaine, impossible de trouver une seule raison à tant de ravages. Disons, avec plus de nuance, qu’elle est une des racines. Dans l’hindouisme et surtout le jaïnisme et le bouddhisme, cette souffrance universelle devient le souci principal, son abolition la finalité ultime.

C’est une pensée qui m’est familière. Je l’ai rencontrée à travers Nietzsche, j’ai suivi des séminaires de philosophie indienne et des cours d’histoire de l’art sur ces régions. Cependant, cette connaissance même m’empêchait d’en venir à la pratique : elle me faisait voir toute la différence entre notre civilisation et la leur, et je ne voulais rien m’approprier, ramener à moi, surtout sous forme d’un produit dérivé privé de substance, rendu pop et coloré en Occident quand ce que j’en lisais dans les livres avait l’austérité des anachorètes – avec cependant le sourire flottant de l’éveil.

Enfin, la psychanalyste que je consultais alors et à laquelle j’accordais trop de crédit m’en détournait, considérant ces pratiques comme illusoires : une manière d’éviter de se faire face, de déplacer le problème, bref de se méconnaître. Comme si le lacanisme ne cultivait pas la méconnaissance de soi, illusion parmi d’autres, et si nous sommes condamnés à vivre dans l’illusion, choisissons du moins celles qui nous font du bien.

Je m’intéressais alors à la mystique, j’écrivais en philosophie un mémoire sur le ciel, puis un autre en histoire de l’art sur le romantisme contemporain. Je regrette de n’avoir pas rencontré Jung à cette époque, il m’aurait permis d’aligner toutes mes intuitions, d’en comprendre la portée, de poursuivre l’élan bien plus loin et surtout d’aller bien. Mais j’aime à croire, malgré l’amertume, que nos détours nous enrichissent, que nos égarements nous mènent plus loin que d’arriver tout de suite.

C’est à Barcelone que j’ai commencé à fréquenter une école de yoga, où, comme le dit la définition du mot, l’esprit se nouait au corps, dans un exercice aussi spirituel que sensoriel. Sans doute que l’espagnol (et de temps en temps le catalan) m’a permis de dépasser mes résistances, de mettre de côté mon esprit critique, pour vivre pleinement cette expérience. Je sais que l’intelligence est limitée, qu’elle n’embrasse qu’une partie de la réalité et que l’on dépérit en y restant enfermé, mais j’ai tout de même du mal à y renoncer – car la bêtise compte parmi les racines du mal, et ce n’est pas la moindre.

Le yoga remplit entièrement sa fonction : thérapeutique incroyablement efficace, il recentre sur l’essentiel et débarrasse des pensées parasites, défait les nœuds de la psyché et en fait danser les cordes libérées, il donne une grande confiance en soi, en la vie. Il égalise l’humeur, modère les émotions, tempère la sensibilité, bref, donne l’équanimité, ce qui n’est pas une mince affaire, et ancre dans notre nature profonde, comme s’il renforçait les racines de l’être – ce point où mon être et l’être sont une même chose.

Sa morale n’est pas si originale. On en retrouve des traces en d’autres temps et lieux, y compris dans notre civilisation – quant à savoir si des mouvements depuis l’Inde les ont déposées ou si les esprits partagent certaines structures par-delà les frontières, je vous laisse décider. Elle se résume rapidement comme suit : se défaire du désir, source de la souffrance, ne vivre ni dans l’avidité (chercher le plaisir) ni dans l’aversion (refuser la douleur), parvenir à une indifférence envers le bien comme le mal qui nous arrive, s’en détacher, comprendre que tout passe, savoir que je n’existe pas, que le moi n’est que l’épiphénomène d’une réalité qui est la même partout, en toute chose, et où je peux retourner et me ressourcer.

La différence ici, c’est que la morale est incarnée. Elle s’accomplit dans le corps, sa presque danse, la souplesse de son enchaînement enchaînant sens et pensée. Elle s’intègre par les gestes, l’effort, la peine et le repos. Elle pénètre par la respiration, s’éprouve dans l’équilibre. On la vit si intensément qu’elle ne nous quitte plus. La méditation, enfin, permet d’y voir clair. Elle est le contraire de l’association libre. Le défilement des pensées, loin d’être encouragé, suivi, puis analysé, se trouve purement et simplement abandonné. Il faut s’en extraire, ce qui peut déplaire : il ne s’agit pas ici d’être écouté, la parole n’a pas de place, parce que toutes ces pensées ne sont que des variations de surface dont on cherche à atteindre le fond de silence.

Je l’ai vécu, quant à moi, comme une assomption, et aussi un acte infiniment respectueux, où l’intériorité s’ouvre tout en restant fermée, son intimité n’appartenant à personne, pas même à moi. Après une séance de psychanalyse, je me sentais défaite et j’avais besoin de temps pour reprendre une forme présentable, alors qu’après une séance de méditation, j’étais reconstituée, j’avais trouvé ma forme la plus pure et il fallait du temps au contraire pour qu’elle s’altère de nouveau. Quant à la connaissance de soi, je me suis mieux observée dans mon action et ma réaction sur le rectangle d’un tapis que par l’analyse a posteriori et le récit changeant de soi.

La méditation inculque également la concentration, ce qui se répercute dans toutes nos activités, apport non négligeable quand tant de technologies alimentent l’inattention. L’association libre, au contraire, altère cette capacité, j’en vois encore les effets, mais elle donne aussi accès à d’autres régions de la psyché, inaccessibles à la conscience – à moins qu’à un certain degré d’éveil, on puisse entrer dans l’inconscient en pleine conscience. Sans doute que l’une n’exclut pas l’autre, dans le sens où l’esprit, quand il a acquis une certaine stabilité, peut se soumettre à différents exercices.

Je sais être prédisposée au yoga, par mon goût pour l’ascèse, par mon expérience de ce que Jung appelle le Soi – ce fond indifférencié qui est l’âme profonde. Mon arrivée à Barcelone avait commencé par un de ces moments rares et sacrés, dans une roseraie où je restais désœuvrée, entre deux appartements, sans lieu où aller. Regarder les nuages, c’était marcher sur la lune. Le silence est pour moi constituant, constitutif. Je me rappelle à ce propos la réaction de ma psychanalyste qui mettait fin à la séance si je restais silencieuse – même si j’étais restée moins d’une minute et elle demandait bien entendu d’être payée pour la séance entière. Or je trouve ma voix dans le silence. Un silence à soi est comme une chambre à soi. Un silence qui ne signifie pas faire taire mais écouter, et même notre silence mérite d’être écouté. Nous n’y avons pas tous les mêmes tonalités.

Le pouvoir thérapeutique de la méditation est reconnu au point qu’elle soit utilisée dans les thérapies comportementalistes, mais vidée de toute éthique ou spiritualité, avec pour seule fin le soulagement des soucis (comme le yoga peut être réduit à une gymnastique avec pour seule fin de fuseler le corps et montrer ses acrobaties). Elle devient un moyen de moduler des émotions submergeantes et de retrouver un peu de silence dans ses pensées. Loin de moi l’idée de mépriser une méthode, quelle qu’elle soit, qui peut apporter de la paix dans la tourmente. Il est tout de même surprenant de voir une discipline d’une si haute spiritualité, de contact direct et immédiat avec le Soi, devenir sous nos latitudes une technique matérialiste : les psychiatres et les psychologues qui la prescrivent mentionnent seulement, en termes organiques, les vertus apaisantes d’une respiration régulière et d’une activité répétitive. Ce retournement est justifié par une laïcisation, une sécularisation de la méditation. Qui va croire aujourd’hui à l’atman et à la maya, au panthéon hindou ou aux préceptes bouddhistes ? Elle se trouve ainsi vidée entièrement de son sens, comme tant de gestes de notre quotidien, sans horizon qu’un bien-être borné qui finalement fait souffrir, car l’âme a faim d’au-delà d’elle-même et ces coupe-faim aggravent sa famine. La méditation devient une activité parmi d’autres, guidée par une voix préenregistrée, chronométrée par une application, logée entre deux courses, dans un trajet en métro. Décidément, notre époque se montre d’une incroyable inventivité dans sa maltraitance de l’âme.

Me restent cependant quelques réserves envers le yoga. Déjà, parce qu’il faut toujours avoir des réserves. Mon expérience malheureuse en psychanalyse m’a du moins enseigné cela : ne faire d’aucune pensée un absolu, ne vivre sous aucune emprise. Elle m’a aussi appris à juger une pratique par ses praticiens, autrefois le lacanisme par les lacaniens et aujourd’hui le yoga par ses professeurs ou ceux qui y consacrent leur vie. Ils tombent souvent dans deux erreurs : soit, le renforcement du moi, où le yoga sert non plus à détruire le moi mais à le conforter, son but étant le bien-être individuel et non de se libérer du mal, d’où un narcissisme illustré par d’innombrables photos Instagram et qui fait une mauvaise publicité à cette pratique ; soit, à l’inverse, la fusion du moi et du Soi, ce qui donne des illuminés qui croient être entièrement, à titre personnel, cet universel qui nous traverse tous, répètent des phrases toutes bêtes comme des révélations sur l’être et semblent renoncer à toute raison. Mais entre ces deux voies, il y a d’authentiques yogis, qui font moins de bruit.

Autres réserves. Qu’il y ait des souffrances intolérables ne doit pas nous rendre intolérants à la souffrance. La fin de la souffrance n’est pas, je pense, une finalité. La souffrance est aussi une forme de conscience, elle nous garde en alerte, en éveil, elle sert d’indice, nous indique ce qui est juste. D’autre part, le privilège exclusif accordé à la conscience jette le discrédit sur l’inconscient sous toutes ses formes. Le rêve, fantasme inconsistant, ne mérite pas qu’on s’y arrête. Le fou n’inspire que pitié, son délire ne détient aucune vérité. Cette philosophie se caractérisant par la maîtrise de soi, elle considère comme immature et incomplet tout ce qui est incontrôlé et irrationnel. C’est perdre une belle part de la réalité. Je me méfie aussi de tout prêt-à-penser, de sa tendance à dépersonnaliser, je préfère les paroles singulières aux préceptes répétés. Enfin, à cette équanimité que j’ai décrite, on peut préférer une vie d’intensités, risquer l’aventure du désir sans craindre de souffrir. De toute façon, la mort guérira toute blessure.

Sa dimension politique me dérange également. La réponse au mal serait l’indifférence : ne pas ajouter le mal au mal, ainsi il s’épuiserait de lui-même. Je me demande si cette non-violence n’alimente pas la violence latente de la société en place, encourageant un certain conservatisme, la perpétuation de la domination. La critique facile contre le yoga, considéré comme un passe-temps de bobo, touche ici à une certaine vérité, mais elle concerne en fait toutes les thérapies. Tout soin apporté à la souffrance psychique a une signification politique, car aucun sujet, bien que singulier, n’est isolé et ce qu’il ressent fait partie d’un tissu qui nous comprend tous. Or, dans le soin, à qui donne-t-on la responsabilité de la souffrance ? au sujet ou à la société ? Responsabilité dans le sens où : qui doit être soigné ? Qui doit changer ? Il est certes plus facile de changer soi que le monde, mais n’est-ce pas justement la solution de facilité ? Le risque est d’individualiser une peine collective, et ainsi non seulement de ne pas prendre le mal à la racine, de n’en trancher que les tiges en les encourageant à se multiplier, mais aussi de redoubler la violence : le sujet doit apprendre à la tolérer pour continuer à la subir et non y mettre fin ou s’y soustraire. Par ailleurs, la prise de conscience de la signification politique de sa souffrance est libératrice : elle donne du sens, un but, une tribu. La lutte et le militantisme guérissent aussi.

Je n’écarterai pas non plus une approche psychothérapeutique, puisqu’elle m’a aidée et m’aide encore aujourd’hui par la sagesse qu’elle m’a transmise. D’un point de vue jungien, le yoga traitant du Soi risque d’escamoter le moi et donc, comme je l’ai souligné, de le renforcer dans le faux moi du narcissisme ou de le confondre avec le Soi. Si nous concevons la psyché comme une sphère, le yoga touche au centre et recentre, cependant toutes les couches intermédiaires et jusqu’à la surface existent tout autant et méritent attention. C’est alors de notre singularité dont il est question, notre être-au-monde, nos relations aux autres, etc. Soit dit en passant, il n’y a pas d’égocentrisme à se soigner, au contraire, puisqu’il faut se décentrer pour se connaître et cette connaissance est bénéfique à tout notre entourage et même au-delà : elle éclaire à son tour les autres sur eux-mêmes et réduit la violence et l’abus sous toutes ses formes, pas forcément physiques.

On me reprochera peut-être mon éclectisme, à vouloir ainsi prendre et laisser ce qui me convient dans chaque discipline. Cependant, le critère de mon choix n’est pas mon bon plaisir, mais la réalité : l’épreuve de l’expérience. Ce que je cherche dans toute pensée, c’est un discours articulé au réel, lesté de réel, condition de toute parole sur l’être, parole alors proprement radicale, allant à la racine. Les jeux d’esprit ou d’érudition ne m’intéressent pas, seulement cette parole bouleversée. Et j’écris ici pour cartographier ces pensées et me situer parmi elles.

7 commentaires sur “Yoga

    1. J’ai envie de répondre comme font les profs : « c’est une excellente question, merci de l’avoir posée ! »

      J’hésitais à ajouter une note sur le sujet, renvoyant à mon article « Ce que mourir veut dire », où j’en parle longuement. J’y définis le Soi comme « ce qui au plus profond de soi n’est plus soi, intériorité qui, à la racine, est en continuité avec l’extériorité, essence de tout un chacun et du monde, objectivité de notre subjectivité. » Le Soi est l’âme universelle, l’inconscient collectif le plus profond (humain et non-humain) et le moi la conscience qui se singularise, s’éloigne de l’inconscient, mais en reste dépendante, notre psyché dans ce qu’elle d’individuel – ce qui n’est pas mauvais, ce qui est même un mouvement nécessaire et bienvenu que Jung nomme individuation. Mais l’individuation ne déracine pas du Soi, elle en est la spécialisation en branches – pour filer la métaphore végétale.

      Pour le comprendre, il faut évoquer l’inconscient collectif qui se compose d’archétypes. Le Soi est le dernier d’entre eux. Les archétypes sont des formes a priori de l’expérience, sur le modèle kantien, qui structurent universellement de l’esprit. Comme les formes a priori de la sensibilité de Kant (l’espace et le temps) permettent de saisir le sensible, mais ne peuvent en retour être saisies par notre sensibilité, les archétypes déterminent notre psyché, mais lui restent inaccessibles. Ils ne se manifestent que médiés par des symboles, qui se retrouvent dans toute l’humanité – mythe du déluge, de la dévoration, du duel avec le monstre, forme de la croix ou du mandala, etc. On croit souvent que le terme « archétype » désigne ces motifs mythologiques définis. Mais ceux-ci ne sont rien d’autre que leurs manifestations conscientes.

      L’archétype allie image et émotion en une seule motion. Il est une potentialité qui cherche à se réaliser, une forte charge d’énergie psychique qui souhaite s’épancher et oriente à cette fin l’évolution de la personnalité. D’où les étapes de l’individuation qui se retrouve d’un individu à l’autre, même si le chemin de chacun est singulier. Tout le monde doit affronter les figures de l’inconscient collectif : maternelle et paternelle, persona, ombre, anima ou animus, Soi. Malgré mon engouement pour Jung, je n’adhère pas à toutes ses théories, mais je te les expose rapidement.

      Ce qui m’intéresse dans l’inconscient collectif et en particulier dans le Soi, c’est l’objectivité de l’âme, sa réalité comme phénomène naturel en croissance à l’image des rameaux et des cristaux. Dans « Ma vie », Jung décrit l’âme comme ayant une indubitable réalité, une existence objective qui ne dépend pas de nous. Nos pensées, dit-il, ont leur propre vie comme les oiseaux dans les airs, les animaux de la forêt ou des personnes en réunion. Cela me parle au-delà de ce que je pourrais en dire conceptuellement. Certaines choses ne peuvent s’exprimer que par l’image.

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  1. Je recommande vivement la lecture des petits opus de J. F. Billeter chez l’éditeur Allia, dont un premier intitulé « leçons sur tchouang Seu » et le second « un paradigme », où l’auteur s’intéresse au corps d’où naissent les idées. Au plaisir de lire une note ensuite sur ces textes !

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  2. J’ai essayé le yoga à l’époque où je me remettais lentement d’une dépression, ça ne m’a pas vraiment aidée. Les épisodes de méditation me stressaient et la voix très doucereuse de la professeure me crispait. Par contre, j’appréciais que mon corps soit sollicité dans ces exercices, alors que les psychothérapies ignoraient totalement mon corps et me traitaient comme un pur esprit éthéré.

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    1. Oui, je pense qu’aucune méthode n’est miraculeuse et universelle. Le yoga m’a donné beaucoup de paix. Mais cela dépend, comme toujours, de la personne qui nous le transmet. Et après avoir quitté cette école, je n’ai jamais retrouvé ce type d’enseignement.

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