Mère et fille

Récit de rêve

Un voyage scolaire, des adolescents. Au retour, à la gare, une fille et sa mère, accompagnatrice, apprennent qu’elles vont être renvoyées contre leur gré dans leur pays d’origine : la Chine. Aussitôt, dans le sac de la mère, quelque chose s’agite, se débat. Elles se réfugient dans les toilettes de la gare et, sous les néons, devant le miroir, la mère ouvre le quelque chose qui s’agitait dans son sac – un animal pris de panique, une souris ou un furet. De la fente qui l’éventre émerge un gros poisson, d’un jaune joyeux et frisé de reliefs, flottant dans l’air à la hauteur de leur visage. Sur le pas de la porte, quelques camarades espionnent leurs faits et gestes. Parmi eux, une ado blonde, au teint argenté par la poudre qui sert à camoufler ses grains de beauté. Elle remarque que le poisson d’or a une jambe fantomatique d’éléphant, mais personne ne la voit à part elle.
Dans la chambre rouge d’un hôtel voisin, la mère et la fille assises par terre, le poisson entre elles, avec les quelques camarades et un père, qui ont voulu se joindre à leur réunion clandestine. Eux aussi ont des raisons de vouloir s’échapper. La mère annonce : « Comme la souris a libéré le poisson, quand il sera temps, le poisson libérera une autre forme, et celle-ci nous sauvera. »

Remarque

Je ne sais pas trop ce que signifie ce rêve, mais je suis touchée par la solidarité, la complicité entre la mère et la fille. Elles s’en sortent par une étroite entente et une sagesse ancienne qu’évoque la Chine. Les rêves ne sont pas anecdotiques, mais symboliques. Les nuits ne se réduisent pas au commentaire intempestif et insignifiant de nos jours, elles dressent la carte de nos territoires intérieurs à un moment donné ; et si nous nous en souvenons et apprenons à nous y repérer, nous saurons avancer dans ces ténèbres que nous renfermons même sous la lumière du soleil.

9 commentaires sur “Mère et fille

      1. Il va falloir que j’en parle avec elle 🙂 Merveilleuse sensation que d’être immergée dans la couleur en rêve, je crois que je peux la transposer à travers ce que je ressens devant un monochrome de Rothko ou de Klein ; ou en repensant à un séjour à Venise pendant lequel je me souviens avoir ressenti physiquement l’impact et l’énergie des façades colorées. Depuis que j’ai lu vos textes relatant vos rêves, je constate aussi qu’en plus de ne pas les voir en couleurs, les gens qui y figurent n’ont ni corps ni visages précis. Juste un rayonnement physique que je ressens, sans y attacher de forme précise. Je suis plongée dans ces réflexions, qui me troublent et m’amusent tout à la fois 🙂

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        1. Ce nuit, j’ai justement fait un rêve qui s’achevait en noir et blanc. Je ne sais pas si c’est lié à ta remarque !
          Oui, la plongée dans la couleur renvoie à la peinture. Mes rêves s’aventurent parfois dans des tableaux que j’ai vus, et presque jamais dans d’autres arts visuels, comme le cinéma.
          Ce que tu dis du rayonnement physique vaut pour moi dans la vie éveillée. Je ne suis pas très physionomiste. Je ressens une aura sans m’arrêter aux traits, que j’oublie facilement.

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          1. Mon dieu, « piloter » tes rêves à distance, quelle perspective !! 😀 Plus sérieusement, ton commentaire – qui relate une expérience des rêves proprement inverse à la mienne, – met en relief une idée qui m’enchante : à savoir celle de la frontière entre le rêve et la réalité. Tes rêves me parlent d’expériences que je vis dans le monde réel, et les miens te parlent de celles que tu vis en songe. L’ombre d’Alice et de la nouvelle « Through the Looking Glass », (qui suit ses Aventures au Pays des Merveilles, si tu ne l’as pas lue) , plane…. 🙂

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            1. Toutes ces réflexions partagées m’ont incitée à écrire, je pense que mon prochain billet devrait répondre à ce que tu dis ici 🙂 La mise en miroir est une chose, mais l’intrication du rêve et de la réalité ouvre des portes multidimensionnelles, tu as raison de le souligner.

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            2. Hâte de te lire ! C’est ce je préfère dans les blogs, quand nos articles se répondent, se multiplient par échos.
              J’ai d’ailleurs souvent du mal à écrire ici par difficulté à me situer, à déterminer à qui je m’adresse. Mais cette parole dans le vide a aussi ses avantages.

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