Septième des soeurs

Le deuxième numéro de la revue Artichaut, auquel je participe, sera présenté et mis en vente du 6 au 8 octobre à la Pijama Galerie, 82 rue de Turenne, lors de l’exposition de oeuvres de Seung-Hwan Tonio Oh et de Jina Canac Jung. Il est déjà possible de le commander en ligne.

C’est une revue qui m’a touchée au coeur. Pile mile. Son nom la pointe de flèche parfaite, son introduction l’arc justement tendu et chaque texte décoché dans un des cercles de ma conscience jusqu’à son centre d’inconscience. Elle prend la forme d’un livre et en a la richesse, un carnet central permettant de découvrir un ou une artiste – pour l’instant une photographie métamorphosée par contamination ou altération dans les chimigrames de Fanny Béguély et les portraits de Seung-Hwan Oh.

Un extrait de l’histoire la plus savoureuse du premier numéro, Les Tribunaux logiques d’Alexis Piat :

Tribunaux

Lorsque ma nouvelle Septième des soeurs a été acceptée pour le numéro 2, j’ai eu la chance de la retravailler avec Cyril Barde. Il est rare de voir ses textes lus avec autant d’attention et de perspicacité. Par exemple, il a rapproché mon écriture du symbolisme belge, plus précisément de Maurice Maeterlinck et Georges Rodenback. Je ne connaissais pas le dernier, je l’avoue. J’ai lu ensuite ses contes et m’y suis retrouvée au point d’être troublée, comme si je me dédoublais, prise moi-même dans une histoire fantastique où je me lisais écrite par un autre.

Justine Granjard, créatrice de la revue, m’a demandé d’accompagner ma nouvelle d’une oeuvre, d’un paysage ou d’une musique. J’ai choisi Maria Lai (que nous avons déjà croisée, vous vous souvenez ?, lors d’une promenade à Cassel), l’une de ses performances datée de 1981, intitulée Se lier à la montagne.

Cela se passe en Sardaigne, dans le petit village d’Ulassai. Le maire invite Maria Lai à réaliser un monument aux morts, ce qu’elle refuse : il faut créer pour les vivants, pas pour les morts, réplique-t-elle. Dans cette idée, elle lie par un ruban bleu ciel toutes les portes de toutes les rues du village. Les habitants participent à la confection et au déroulement du ruban et y accrochent de petits pains, typiques de leur région, là où courent entre les maisons des affections et des amours. Il reste nu, simple frontière, là où résistent les rancœurs. Cet ouvrage leur prend 3 jours. Au soir du troisième jour, ils lient le village à la montagne qui le surmonte, le Monte Gedili. La performance rejoue un événement fondateur de la communauté. En 1861, un éboulement avait emporté la maison du village la plus haut perchée, tuant trois petites filles, mais une autre parvint à s’échapper : elle tenait un ruban bleu ciel dans sa main, ce qui fut interprété comme le signe d’un miracle divin.

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J’espère que cette introduction, à la revue et à ma nouvelle, vous donnera envie de découvrir l’une et l’autre.

 

 

7 commentaires sur “Septième des soeurs

  1. Nom d’une chique, je me suis encore trompée de prénom en -ine, mille tonnerres de Brest. On l’aura compris, c’était une réponse à Joséphine qui parle autant de langues que moi je connais de chansons des années 70, une multitude ! Et puis Clémentine, pardon du dérangement !

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