Il y a quelques jours une très jolie chronique de mon recueil de nouvelles a été publiée sur le site Small Things, intitulée Quand on se laisse ensorceler. J’en remercie Lola et vous laisse la lire ici. Elle soulève en introduction la question de l’autoédition, ce qui me donne l’occasion d’en faire un bilan.
L’autoédition prive de quelques fondamentaux : le dialogue avec l’éditeur et le travail sur le manuscrit, l’inscription dans un catalogue, la diffusion en librairie et la promotion dans la presse, l’occasion de rencontrer d’autres écrivains aux esthétiques ou recherches proches, quantité de résidences, prix et bourses qui ne sont ouverts qu’aux écrivains édités… Mais ce qui est regretté le plus souvent est de ne pas être choisi et, en conséquence, autorisé à écrire, légitimé, adoubé comme écrivain.
C’est là que l’autoédition me paraît intéressante : c’est l’acte de s’autoriser soi-même, de ne plus s’en remettre aux autorités du goût, attendre une permission, chercher une reconnaissance. Plus de regard par-dessus l’épaule, remplaçant celui du parent ou du professeur, on écrit enfin seul, avec la licence d’inventer, explorer, expérimenter, s’attarder à loisir.
Elle me plaît pour tant d’autres raisons : la conception du livre comme objet, de la couverture au format en passant par la typographie et le papier (je crois que CreateSpace offre le plus de possibilités de ce côté), l’immédiateté de l’édition : il n’y a plus à attendre la réponse d’éditeurs débordés par les manuscrits, ni ensuite une place dans leur catalogue qui peut être rempli pour une ou deux années… Peut-être suis-je légère à vouloir être lue au rythme de mon écriture, mais c’est une manière de la garder vivante et même à vif.
Je conçois l’autoédition comme l’information et la création indépendantes sur les blogs, youtube, viméo, etc. Une manière de contourner et renverser les hiérarchies anciennes, sans porter atteinte pour autant aux institutions que sont journalisme, cinéma, édition, en les recomposant plutôt, en leur apportant une chance d’enrichissement. Quant à la valeur de la création et à la vérité de l’information, chacun en est juge – aucune autorité n’a le pouvoir de les décréter absolument.
Reste alors la question de la sélection : il est déjà difficile de choisir dans une librairie, comment choisir dans les rayons infinis d’internet ? Peut-être par les réseaux qui se créent, les retours et les renvois, les écrivains sœurs et frères qui se retrouvent par affinités et leurs lecteurs avec eux. Du bouche à oreille donc, comme toujours.
L’autoédition – l’auteur et l’autorité
Commentaires
7 réponses à « L’autoédition – l’auteur et l’autorité »
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Oh ! La jolie allitération – non dénuée de sens.
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Oui, reste à savoir si c’est une ressemblance heureuse ou malheureuse.
J’ai de petits problèmes avec l’autorité (reçue ou exercée) 😉J’aimeAimé par 1 personne
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J’espérais justement que tu écrirais un mot là-dessus ! Comme je comprends le désir d’être « lue au rythme de l’écriture » ! Et je suis évidemment d’accord sur la question de la valeur de l’oeuvre. Par ailleurs, on n’est pas obligé de choisir une fois pour toutes entre édition classique et auto-édition.
Il me reste deux nouvelles à lire dans ton beau recueil. Je savoure petit à petit ! 🙂J’aimeAimé par 1 personne
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C’est vrai, ce n’est pas définitif, elles ne sont pas contraires, plutôt complémentaires. Merci pour le recueil ❤
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Voilà une merveille que je ne vais pas manquer ! merci et bonne soirée. ar
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Merci à vous ! Et à toutes vos précieuses variations sur l’amour et le couple.
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A bientôt alors !
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