La fin du genre

Comme une image vaut mille mots et que beaucoup ne croient que ce qu’ils voient, je vais partager ici deux documentaires et une interview, puis laisser chacun poursuivre par soi-même cette réflexion sur le genre. J’ai tracé les pistes à suivre : une économie qui cherche à tirer profit de nos troubles identitaires par une médicalisation à vie et qui nous dissocie sans cesse de nos corps pour s’y livrer à des expérimentations et créer de faux désirs, le postmodernisme appliqué à la vie et en particulier au champ de la santé mentale et les désastres que cela occasionne, aussi intéressante que cette philosophie puisse être (on pourrait d’ailleurs tracer un parallèle entre Lacan et Butler de ce point de vue), la question justement de la recherche en santé mentale dont les découvertes sont souvent ignorées du grand public, ce qui permet de faire croire n’importe quoi, le féminisme enfin à définir en étudiant l’opposition entre deuxième et troisième vague, soit entre féminisme radical et féminisme queer. Les liens dont je parsème mes articles permettent de suivre ces pistes, je renvoie au sujet du féminisme aux sites Tradfem et Feminist Current (et en particulier à cet article au sujet de Butler), à propos de la dysphorie de genre au groupe Transgender Trend et pour les intérêts économiques et politiques derrière cette idéologie au blog The 11th Hour. On s’aperçoit vite que ce mouvement est lié au commerce du sexe (prostitution et pornographie), ses activistes défendent souvent ces domaines d’exploitation humaine, mais je n’ai pas encore eu le temps d’examiner une étude sur le sujet.

Le premier documentaire, Transgender Kids: Who Knows Best?, offre la parole autant aux transactivistes qu’aux thérapeutes traitant de manière classique la dysphorie de genre. Il n’a cependant pas été diffusé au Canada (lieu du reportage), sous la pression des transactivistes, parce que le seul fait de présenter une autre version que la leur est perçu comme une menace : en effet, un minimum de bon sens et de sensibilité suffit à faire s’écrouler leur doctrine d’une grande fragilité. Le deuxième (dont je ne parviens pas à inclure la vidéo, je me contente donc d’un lien) révèle les plaintes des soignants au sein de la clinique de genre Tavistock au Royaume-Uni. Les deux documentaires montrent que l’homophobie amène souvent à la transition, celle-ci rappelant tristement les thérapies de conversion à l’hétérosexualité. L’interview concerne un père jugé coupable de violences familiales parce qu’il refuse de considérer sa fille comme un garçon et la trouve trop jeune (14 ans) pour prendre une telle décision, mais les transactivistes l’ont soustraite à son autorité et il la voit donc transitionner malgré lui.

Pour ceux qui croient que je délire dans ma peinture du transgenrisme, que je suis quelque extrémiste radicale de la cause des femmes ou que je milite secrètement contre les droits de la communauté LGBT+, la Haute Cour britannique a récemment donné raison à la jeune Keira Bell, qui a subi une réassignation de fille à garçon lors de son adolescence. Celle-ci a démontré qu’elle n’était pas capable de prendre cette décision qui engagerait toute sa vie à l’âge qu’elle avait. Sa cause a été l’occasion de comparer les deux traitements de la dysphorie de genre : celle, classique, représentée par Transgender Trend, qui considère l’enfant dans son entier et sa complexité sans voir dans la transition la panacée à tous ses troubles et ses traumas et qui distingue le sexe (mâle ou femelle) du genre (féminité ou masculinité) et celle, transgenriste, représentée par Mermaids et Stonewall, qui confond les deux, préconise une transition immédiate, voyant dans le moindre retard un risque de mutilation, voire de suicide, et conçoit la transidentité comme un fait de nature. La cour a jugé en faveur du premier traitement, qui a apporté des études, des faits, la réalité à l’appui de ses dires, tandis que le deuxième se réduisait à un discours idéologique et politique. Ce jugement qui remet en question le traitement des enfants dans les cliniques mais aussi dans les écoles (où ils sont encouragés à enclencher une transition sociale qui les incite à poursuivre dans la transition corporelle) n’a connu qu’un très modeste écho médiatique, pour les raisons que l’on sait. Nous sommes à dessein maintenus dans l’ignorance.

31 commentaires sur “La fin du genre

  1. Le corps comme un nouveau marché offert au capitalisme par la médicalisation, et d’abord le corps des plus fragiles… (et éventuellement soumis au « bon vouloir » des plus puissants), et cette horreur défendue bec et ongle comme la liberté suprême….tout cela est totalement terrifiant, et je trouve ton propos – très juste, et modéré dans le ton par rapport au sujet…

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    1. Oui, je reste modérée, car je n’ai rien contre les transsexuels ni contre la libre disposition de son corps et ne souhaite aucune discrimination à leur égard.
      Je ne critique que cette destruction orchestrée des relations entre parents et enfants, des espaces et des postes réservés aux femmes, des définitions de nos identités mais aussi de nos sexualités (hétéro comme homosexualité disparaissent ici) qui vise à toujours mieux nous exploiter.
      Je ne peux te dire combien je suis réconfortée que tu partages mon point de vue. Malheureusement, je sais que je perds des amis et des lecteurs en partageant ces informations, il est à la mode d’être transphile et la moindre critique fait passer pour facho, mais la vérité importe davantage et l’injustice donne du courage.

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      1. J’ai regardé ce document poignant qui éclaire complètement le sujet …
        Ce papa est très courageux, et il s’attaque à un ennemi plus grand et bien plus déterminé qu’on ne l’imagine.
        merci Joséphine, comme vous je n’ai rien contre les transsexuels mais ce mouvement transgenre va au delà de tout ce qui m’est supportable.
        J’aimerais ajouter un seul point, je suis lasse de ne trouver pour seuls ennemis dans ce monde que le capitalisme et le libéralisme. Je pense que c’est dommage d’enfermer le sujet de cette manière. Je ne suis pas sûre qu’il n’y ait que des profiteurs du côté des capitalistes et des libéraux, les communistes et autres groupes d’ultra-gauche savent très bien profiter comme les autres de privilèges, de pré-carrés, de passe-droits, et n’ont pas démontré de meilleure loyauté envers la plèbe que nous cessons jamais d’être à leurs yeux quand ils se mettent comme les autres à toucher au pouvoir.
        On trouve dans leurs rangs respectifs sûrement le même nombre d’intégristes du « bien -penser ».
        Merci
        Corinne

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        1. Mais je suis parfaitement d’accord avec vous !
          Je n’hésite pas du tout à critiquer le communisme et son système d’exploitation étatique, comme la bonne conscience facile des révolutionnaires ou la misandrie des féministes, et rien ne m’est plus insupportable que les mots d’ordre héroïques et creux qui font se sentir mieux que les autres à peu de frais, comme anticapitalisme, qui à force de répétition ne veut plus rien dire dans la plupart des bouches.
          Cependant, ce mouvement vient des États-Unis, et je pense que pour le comprendre, il faut voir en quoi il s’enracine dans l’histoire, l’imaginaire et l’économie de ce pays. Donc, dans un libéralisme effréné, un individualisme abyssal, une conquête de la nature vierge, repoussant les frontières du possible, etc. Quand je vois les entreprises qui soutiennent ce mouvement (Facebook Twitter Google Amazon), je me dis qu’il est le cheval de Troie de quelque chose de bien plus grand. Mais ne sombrons pas dans le complotisme 😉

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        2. D’ailleurs, c’est la gauche et non la droite qui est coupable de ces méfaits commis au nom du transgenrisme (et non par les trans, qui veulent juste vivre leur vie, j’imagine, comme vous je n’ai rien contre eux). Au Canada, c’est le gouvernement de Trudeau.

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            1. Oui c’est vrai que je pense que c’est la culture française intégrée par les universités américaines qui a donné ça. Beauvoir mais aussi toute la French Theory qui a donné Butler. Je pense que Beauvoir n’entendait pas cette phrase comme elle a été reprise et caricaturée par la pratique militante. Mais je n’ai pas lu le deuxième sexe alors je me tais ! Par contre j’ai lu Derrida et ce qu’en font les Américains, la déconstruction à tout va, ce n’est pas ce qu’il a écrit.

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  2. Je veux te remercier de tout coeur de cette série d’articles qui m’ont permis articuler plus clairement des inquiétudes grandissantes. Peut-être certains ont-ils encore, en France, le luxe de penser que tout cela ne les concerne pas, et je souhaite que cela dure longtemps, mais je crains que ce ne soit voeu pieux. Hélas, je ne sais que trop que tu n’es pas en train de délirer. La réalité de ce qui se passe déjà dans les pays « anglo-saxons » est terrifiante et n’est pas loin de s’établir ailleurs. Il ne s’agit pas que d’élucubrations théoriques mais de violences physiques, psychologiques et de conséquences économiques bien réelles. Les confessions publiques sur Twitter des uns et des autres, qui se donnent la discipline pour avoir eu la maladresse d’émettre une phrase hérétique font froid dans le dos. Alors merci d’avoir mis au clair les tenants et les aboutissants d’une idéologie profondément néfaste.

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    1. Cela concerne déjà la France, comme le montre cette enquête de Marianne sur des enfants souffrant de dysphorie de genre (ou juste d’un effet de mode) traités dès l’âge de trois ans selon l’idéologie trans, avec des activistes à la table : https://www.marianne.net/societe/sciences-et-bioethique/les-enfants-transgenre-lenquete-a-lire-dans-marianne-cette-semaine.
      Certainement, le pire se passe aux États-Unis, au Canada et en Australie. Au Royaume-Uni, les féministes sont très actives et attentives, JK Rowling a quand même attiré l’attention du public, Transgender Trend se fait entendre de la loi, etc. De même, en Suède et en Finlande, on prend conscience de la catastrophe en cours – notamment dans les cliniques pour mineurs. Je suis inquiète pour l’Espagne, mais là aussi le féminisme a l’habitude de la lutte.
      En France, par contre, j’ai l’impression que le débat public sur le sujet est inexistant et que les féministes qui s’expriment contre le transactivisme sont non seulement minoritaires mais considérées comme réactionnaires (alors que la réaction dans cette histoire, c’est bien le transgenrissme).
      Cette situation me rappelle l’URSS. Quand le pire a été fait au nom du bien et que ceux qui voulaient à tout prix être du côté du bien refusaient de l’admettre, malgré les informations qui filtraient et les témoignages qui se multipliaient – ce n’était pour eux que des exceptions ou de la médisance. En fait, on peut toujours savoir ce qui se passe au moment où ça se passe – mais veut-on savoir ? Je crois que beaucoup préfèrent ne pas, cela troublerait la limpidité de leur conscience. Leur engagement n’est que de l’embrigadement.
      Merci à toi d’avoir attiré mon attention sur la situation en Grande Bretagne ! Je nous ai forgé des armes pour ce qu’on appelle de ton côté de la Manche the new war on women.

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      1. Oui. Mais je ne dirais pas que la situation est sous contrôle ici, loin de là. Rowling a été vilipendée bien plus que soutenue et on peut perdre son job pour une question d’emploi – certains l’ont perdu de fait. Les institutions semblent bien plus intéressées par leurs badges Stonewall que par le respect de la loi. Mais heureusement que la High Court n’est pas encore complètement vendue. Les activistes trans ont su détourner le discours moral à leur avantage d’une façon redoutablement efficace. C’est ce qui m’étonne le plus, qu’on puisse jeter aux orties le bon sens le plus évident. Les fameux habits de l’empereur ont de beaux jours devant eux. Les pays scandinaves sont souvent les premiers à suivre ce genre de tendance. Je suis contente s’ils se réveillent maintenant.

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  3. Le documentaire de la BBC m’a particulièrement intéressée, j’aurais un peu envie de dire que nous traversons une époque où les extrêmes s’entrechoquent et que ce qui ne pouvait pas se dire auparavant peut désormais se dire, avec les excès (en espérant que les esprits s’apaisent et qu’un dialogue, voire plusieurs, puisse s’établir) et les dommages collatéraux, grand dommage quand cela touche les enfants. Il est frappant de voir des parents désemparés de ne pas savoir quoi faire, l’emprise des réseaux sociaux, d’une bien pensance… Il est rassurant de voir une réalité qui se dit enfin (pas sur les enfants mais sur le transgenre), il est très flippant de voir une censure terrible sur ceux et celles qui prennent les enfants pour ce qu’ils sont, des êtres en devenir (comme les adultes mais avec une fragilité à respecter), cela a été malgré tout très peu abordé dans le documentaire… Oui quelle est la place de l’enfant dans nos sociétés ? Et du même coup quelle est la place de chacun d’entre nous ? Et nos sexualités ? Et à quoi servons-nous dans le système dans lequel nous évaluons ? L’intervention de la professeur en neuroimaginerie Gina Rippon m’a plu car elle pose des questions simples sans apporter de réponse toute faite, oui cela amène à réfléchir et c’est bien, extravagant de penser que certaines personnes sont persuadées qu’il y a un cerveau pour les hommes et un cerveau pour les femmes, le transgenre adulte est un sujet qui mérite l’attention des sociétés en règle générale, il me semble, le transposer vers les enfants demande comme dirait M. Zucker une écoute de la complexité ou de la simplicité (qui n’arrive pas à dire) de la situation, comme dit cette psychologue il y a différentes manières d’être fille ou garçon, donc femme ou homme, merci beaucoup, évidemment ce sujet mériterait beaucoup plus de temps, il me semble cependant qu’il n’y a pas une voie unique de vérité et que la prudence à l’instar de M. Zucker qui parle posément est de mise, il n’y a pas une seule manière d’être heureux ou heureuse, très bon week-end

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    1. Non, il n’y a pas de vérité unique, mais il y a des vérités et des illusions. Le manque de mesure, de prudence et d’ouverture d’esprit ne vient pas des féministes ou des psychothérapeutes, mais des idéologues, et quand certaines personnes critiques du transactivisme perdent patience et deviennent plus combatives, c’est finalement pour faire face, car on ne se protège pas d’attaques permanentes avec la seule tolérance, beaucoup sont menacées de viol et de mort et s’exposent à des représailles – procès, perte de leur travail.
      En effet, la neurologue, Gina Rippon, et le thérapeute, M. Zucker, sont les plus qualifiés sur la question. J’espère comme lui qu’il y aura débat, mais si ce n’est pas possible aujourd’hui, ce n’est pas la faute de ces spécialistes.
      Quant au transgenrisme, il reçoit déjà énormément d’attention alors qu’il concerne très peu de gens. Pour ma part, je ne m’y serais pas arrêtée si je ne l’avais vu attaquer les droits des femmes. Je ne sais pas pourquoi une personne adulte change de sexe et je suis prête à croire ce qu’elle m’en dit et agir en fonction, surtout si cela la soulage d’une souffrance, cependant personne ne devrait ériger sa croyance personnelle en vérité universelle ni imposer son mode de vie en modèle unique – ce qui arrive aujourd’hui, qu’on le veuille ou non.
      Bon weekend !

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  4. Bonjour Joséphine,

    Il est très regrettable que des associations aient demandé à la CBC de ne pas diffuser ce film et que la CBC ait accepté. Ce n’est toutefois pas la même chose qu’une interdiction du film. A certains égards c’est pire, mais ce n’est pas la même chose.

    Je ne trouve pas ce film si remarquable que cela : sur un sujet difficile, il faut faire preuve d’un peu de finesse. Or la présentation des problématiques est parfois grossière et caricaturale. L’histoire des cerveaux est comique mais elle est ridicule. Évidemment que le cerveaux des femmes est identique à celui des hommes. Comme leurs pieds, leurs globules rouges et la matière de leurs cheveux ! Et alors ?

    Je trouve pareillement l’angle d’attaque sur le droit des parents simpliste. Bien sûr qu’il y a un droit et une connaissance des parents qu’il faut respecter. Mais les enfants ne qont pas seulement la chose de leurs parents, et c’est cela au moins que montrent toutes les histoires d’incestes ou de violences familiales qui sortent actuellement. Et heureusement que la justice s’en mêle ! Je veux seulement dire : ça nest pas un argument définitif.

    Je crois vraiment quil faut, dans ce genre de matières, agir avec délicatesse et intelligence, sans caricaturer ni tout mélanger. Évidemment qu’il ne faut pas mettre dans le même sac l’enfant qui ne se reconnaît pas dans les archétypes caricaturaux de son sexe et celui qui se sent malheureux et mal a l’aise avec son sexe ! Durant toute mon enfance, je ne supportais pas les jeux de garçons, je jouais à la poupée Barbie et je ne me sentais bien qu’avec les filles. Mais ce côté feminin ou efféminé ne m’a jamais conduit à être mal à l’aise avec mon sexe ! Je me suis toujours senti profondément garçon. Pas une brute épaisse, pas un violeur sur pattes mais indéniablement un garçon. Ça n’a rien a voir avec le désarroi que paraisssent eprouver certains

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  5. … le desarroi que paraissent eprouver certains qui ne se trouvent pas en cohérence avec leur corps. Mettre les deux dans le même panier ne me parait pas très honnête.

    Évidemment qu’agir sur le corps est gravissime, notamment quand c’est irréversible. C’est gravissime et terrible ! C’est pour cela que je pense que quand des adultes le font, c’est parce qu’ils affrontent un profond mal-être. Et quand il s’agit d’enfants, il faut évidemment y réfléchir mille fois pour éviter que cette décision ne soit prise à la légère, inspirée par des effets de mode ou la pression sociale, ou polluée, ce qui serait insupportable, par des considérations mercantiles, affairistes ou commerciales. Mais peut-être que, dans certains cas, c’est la bonne solution. Dans des cas très très minoritaires, il me paraît concevable que ça existe.

    Voila. Il est très sain et tu as tout à fait raison de dénoncer les excès. Mais à condition de ne pas oublier les cas qui ne sont pas des excès.

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    1. L’article de Joséphine ne me semble pas caricaturer quoi que ce soit. Tu dis « évidemment que… », sauf que l’activisme tran ne fait pas ces distinctions que tu trouves évidentes (et je ne pense pas qu’elles le soient toujours d’ailleurs – ces choses sont complexes). Les enfants ne sont pas la propriété des parents, je suis d’accord ! Mais donner des bloqueurs d’hormones dont il n’est pas prouvé qu’ils soient réversibles du tout (la recherche montre qu’il existe bien des conséquences) à des mineurs, est-ce une bonne idée ? Rien n’empêche ces jeunes gens de faire ce qu’ils veulent une fois majeurs – en à mon avis la patience en cette matière est nécessaire car comment peut-on dire qu’un enfant mesure les conséquences à long terme de ces opérations ? Oui, il existe peut-être un très petit nombre de gens pour lesquels l’opération peut s’avérer nécessaire sans attendre, mais l’activisme ne fait certes pas dans la nuance que tu appelles de tes voeux.

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      1. Quand je parlais de caricature, je ne parlais pas de l’article de Joséphine mais du documentaire de la BBC.

        Et je ne défends certes pas l’activisme tran qui est pitoyable. Je dis simplement, et le redis, qu’on ne défend pas une position juste avec des arguments caricaturaux.

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          1. Non, mais je suis d’accord avec toi ! Le documentaire déconstruit les arguments des transactivistes, donc il semble caricatural car il répond à une caricature. Je crois qu’Aldor n’a pas compris, parce qu’il n’y est pas confronté, que le débat se situe vraiment à ce niveau avec eux : cerveau rose ou bleu, rôles genrés rétrogrades, etc.

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    2. Bonjour Aldor,

      Je suis désolée de l’information erronée que j’ai relayée, je vais la corriger, au sujet de l’interdiction. Pour le reste, j’ai l’impression que tu ne comprends pas ma position. Et que tu es attaché à la différence genrée, ce qui n’est pas mon cas.

      Je ne fais aucune confusion entre l’identification aux rôles genrés et la dysphorie de genre : en fait, c’est le transgenrisme qui entretient cette confusion. Je sais parfaitement faire la distinction entre une dissociation corporelle et une non-conformité à un rôle genré. Quant à ce qu’un enfant sait d’être fille ou garçon, seulement l’apparence (le vêtement, les cheveux, etc.) et non l’être (son incarnation) et ce jusqu’à très tard, même après avoir découvert la différence organique, c’est démontré depuis longtemps en psychologie https://www.transgendertrend.com/young-children/

      Cette présentation que tu qualifies de grossière et caricaturale est exactement celle du transgenrisme. Je ne trouve pas ce documentaire exceptionnel, mais il relaie fidèlement leurs discours si tu étudies leur idéologie. Je ne sais pas si tu es allé lire leurs déclarations, mais cette histoire de cerveaux mâle et femelle que tu juges ridicule est constamment reprise par les activistes, c’est bien à ce niveau que le débat se situe : entre la science et la pseudo-science.

      Quant à la minorité de cas où la dysphorie de genre perdure vers l’âge adulte, j’ai toujours dit, dès mon premier article, qu’il fallait dans ce cas faciliter par tous les moyens la transition et j’ai toujours essayé de maintenir la distinction entre ce mouvement activiste délétère et la communauté des trans qui changent de sexe pour coïncider avec eux-mêmes – distinction importante et que je devrais rappeler à chaque article, mais je n’aime pas me répéter. Au sujet des transitions de mineurs, aujourd’hui, c’est clairement l’excès qui domine et non la prise en compte de l’exception, d’où ma dénonciation.

      C’est étrange comme les critiques de ces pratiques sont perçus par tous comme de dangereux extrémistes, sans mesure ni nuance, alors que nous n’appelons qu’à ça : la mesure, la nuance, la prise en compte de la singularité de chacun, comme l’illustre très bien le psychothérapeute interviewé lors de ce documentaire. L’extrémisme n’est certainement pas de notre côté. Qu’on prescrive automatiquement sans thérapie des traitements drastiques et dangereux à des enfants qui ne savent même pas comment formuler leur souffrance, c’est là qu’est l’extrémisme.

      Quant à ton parallèle entre des parents incestueux ou violents et ces parents désarmés qui essayent d’écouter la souffrance de leurs enfants tout en les tenant à l’écart d’un lobby qui cherche à leur imposer une solution toute faite aux conséquences physiques graves (stérilité, perte de la fonction sexuelle, croissance incomplète du cerveau et des os, risques cardiovasculaires, etc.), je ne comprends pas comment on peut arriver à inverser ainsi les responsabilités. L’abus est du côté des lobbies, pas des parents. Les enfants ne sont certainement pas la chose de leurs parents, mais la chose d’une communauté qui décide qu’ils leur appartiennent ? Ces parents écoutent leurs enfants, les emmènent voir des thérapeutes, cherchent à comprendre ce qui se dit dans ce désir d’être de l’autre sexe et ils se trouvent face à des activistes au discours préformaté qui font du chantage au suicide et cherchent à opposer les enfants contre les parents de manière simpliste.

      Je dois dire que je suis assez déçue que tu ne perçoives pas ces nuances, mais je crois que tu ne connais pas cet activisme, ses discours et ses pratiques. Je sais aussi que nous ne partageons pas la même vision du genre, de la différence sexuée ; et chacun peut bien penser ce qu’il veut, mais il faut ensuite réfléchir à l’impact de cette pensée si on la généralise à la société.

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      1. Il est étrange de voir a quel point, Joséphine, ce sujet se prete à la caricature . Mais le devoir des gens sages est probablement de ne pas s’y laisser entraîner.

        Je n’ai jamais comparé les parents qui cherchaient d’autres moyens que des traitements lourds pour répondre aux malaise de leur enfant à des parents incestueux. Mais j’ai dit, et je le répète, que susurrer, comme le fait le film de la BBC, que les parents sauraient forcément mieux que la justice ce qui est bon pour leur enfant, est faux – ce que ne prouvent que trop les histoires d’incestes et de violences familiales.

        Il peut donc être parfaitement légitime et salutaire, en soi, que la justice intervienne dans les histoires de famille. Essayer de déclencher une emotion du spectateur en présentant une telle intervention comme a priori scandaleuse ne me parait pas intellectuellement honnête.

        La difficulté – et je la perçois clairement tandis que je t’écris puisque je sens que je tombe dans ce travers – est de ne pas tomber dans la facilité qui consiste a critiquer une thèse, une croyance, une position en se contentant de dénoncer ses ridicules : ce n’est évidemment parce que des gens pensent que le cerveau de la femme est biologiquement différent de celui de la femme que tout ce que ces gens pensent esr, du même coup, balayé.

        De même que ce n’est évidemment pas

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      2. …de même que ce nest évidemment pas parce qu’un documentaire use d’arguments do.t.certains ne me paraissent pas bon que tout ce qu’il dit et dénonce est à jeter. Évidemment pas.

        Tu as bien fait de lancer ce débat et ton regard sur le documentaire d’Arte, « Petite fille », dont j’avais d’abord parlé, m’interpelle. Tu as permis que je le regatde avec plus de distance que je ne l’avais d’abord fait.

        Mais il n’est pas sain (nous sommes d’accord là-dessus) de juger des cas individuels à l’aune des excès qui peuvent être commis.

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        1. Ces excès ne sont pas des exceptions, ils sont monnaie courante, et le débat sur le sujet est presque proscrit au nom de la transphobie.

          La justice doit bien sûr intervenir dans les familles, je n’ai pas entendu ce documentaire comme toi : ce qu’il critique, c’est la mainmise d’un lobby sur la justice et non l’intervention de celle-ci dans les familles. La question finale est bien celle du titre : qui sait ce qui vaut mieux pour les enfants ? Les parents, les thérapeutes ou les activistes ? Mais j’ai pu moi aussi ne pas bien interpréter et je le regarderai de nouveau pour vérifier.

          Tu parles beaucoup d’évidences. Je crois que tous ces sujets manquent d’évidence justement. À la fois de transparence et de preuves à l’appui. Si on en revient à dire des évidences, c’est que l’interlocuteur nie l’évidence.

          Dire qu’il y a des cerveaux mâles et femelles, c’est de la caricature, mais répondre que non, il y a des différences, mais pas de distinction dans le fonctionnement et la structure, ce n’est pas caricaturer l’adversaire, c’est juste lui rappeler la vérité et inviter à partir de la vérité, quels que soient nos engagements, car on parle ici de soin médical, qui doit donc être fondé scientifiquement.

          Je sais bien que toute la communauté trans ne se résume pas à ces activistes, mais elle est malheureusement réduite au silence par eux. Par ailleurs, j’attends encore une présentation du transgenrisme qui ne donne pas dans le stéréotype de genre. Sincèrement, je n’en ai pas trouvée. Mais que certains trouvent leur vérité dans le transgenrisme, c’est très bien, que chacun pense ce qu’il veut, mais ne l’impose pas aux autres par l’intermédiaire de la loi.

          Peut-être que mon ton monte dans mes articles, je suis en vérité révoltée par autant de violations des droits humains, ce pourquoi j’ai décidé de réfléchir à ces questions loin du blog.

          Quand je vois des femmes être menacées de viol et de meurtre et ensuite être considérées comme coupables, c’est une limite qui pour moi ne peut pas être franchie. De même quand je vois la maltraitance systématique d’enfants ou d’ados aux prises avec des troubles que j’ai connus (troubles alimentaires, scarification, idéation suicidaire, dissociation corporelle).

          Bien sûr, je suis prête à t’écouter et à débattre sur le sujet, mais le sujet concerne ici la société et non notre ressenti, c’est depuis cette perspective qu’il faut l’aborder.

          Malheureusement, le débat manque de calme et de tête reposée, mais c’est qu’il y a des gens en danger.

          Et je suis concernée, même indirectement. Qu’on me retire le mot même de femme pour me décrire, que je devienne une personne vulve ou mamelle (ce qu’est aussi la vache ou la chienne), c’est juste me déshumaniser. Moi et toutes les autres femmes. Et c’est un premier pas vers notre réduction à des incubateurs, de simples procréatrices. Nous avons un mot humain pour dire la femelle et je ne le laisserai pas être vidé de son sens au nom du ressenti de quelques-uns.

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  6. Cette semaine, salle des « maitres », interloquée par les propos de mes collègues femmes (toutes mères de familles): elles se réjouissaient qu’une petite fille de sept ans ait « gagné son combat, puisse enfin ne plus souffrir de ne pas être née dans le bon corps, trouvé une solution en attendant la transformation ». Par décision officielle, on devait désormais l’appeler par « son prénom masculin » et toute sa souffrance était réglée, honte à ceux qui s’interrogeaient.
    Ben mes collègues hommes et moi (mère de famille, pas homophobe ni hétérophobe), on était sur le c.. (non genré celui-ci 🙃) et à court de propos.
    J’ai juste réussi à balbutier qu’elle était trop petite pour procéder à une « transformation d’identité » « légale ».
    J’y ai vu aussi l’ouverture d’une énième porte aux dangers les plus vils.

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    1. Je suis désespérée par cette manipulation éhontée des enfants et par la complicité complaisante de nombreux adultes qui semblent croire à cette fable du mauvais corps, sans penser un instant qu’autrefois, il y a à peine dix ans, aucun enfant n’était né dans le mauvais corps et s’il manifestait un fort rejet de son corps, on s’interrogeait à juste titre sur ce que ce rejet cachait, sans incriminer le corps en question. Un monde sans mémoire est un monde barbare.

      La transition sociale est plus grave qu’on ne le croit. Plus elle commence jeune, plus il est difficile de faire machine arrière. L’identification par les autres joue un rôle très important dans la construction de soi. Elle mène presque toujours à la transition physique.

      Autre fable qu’on a intégrée : qu’on puisse changer de sexe. La médecine n’en est pas là – et n’y sera sans doute jamais. Tous ces traitements sont expérimentaux, dangereux et coûteux (ce qui est à prendre en compte puisqu’ils ne sont pas toujours pris en charge par l’État, donc une aliénation supplémentaire, économique). Parfois, la transition devra être interrompue pour des questions de santé. La détransition est très peu connue elle aussi et encore moins encadrée médicalement que la transition.

      Les gens ne perçoivent pas la gravité de ce bouleversement infligé au corps. Pour moi, à cet âge où le consentement n’a pas de sens (la mastectomie se pratique dès 12 ans aux États-Unis), c’est équivalent à un viol.

      La transition devrait être le dernier recours – et non la première solution, la plus facile sur le court terme, la plus dévastatrice sur le long terme.

      Enfin, je sais que nous sommes d’accord. D’ailleurs, j’ai remarqué que la plupart des gens le sont une fois dûment informés. C’est une question de bon sens.

      Ce qui me tourmente avec ces enfants, c’est qu’ils sont constamment l’objet de luttes politiques : instrumentalisés par les activistes, puis par les résistants à l’activisme, et que deviendront-ils ? Obligés d’adhérer à la religion du genre, à moins de perdre tout ce qui fait leur identité, mais cette adhésion repose sur la négation de soi la plus radicale, celle de son incarnation. Et s’ils n’adhèrent plus, quel parcours difficile d’acceptation…

      Je suis aussi étonnée et inquiète de la facilité avec laquelle notre système de santé a plié, il est pourtant public et donc moins intéressé par des bénéfices financiers. Mais je suis sans doute naïve…

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