Qui es-tu ?

Dans Types psychologiques, Carl Gustav Jung établit une typologie qui sert, non à classer et étiqueter les individus, mais à souligner leur diversité et leur variabilité, ainsi que leur limitation et leur relativité. L’idée est de nous faire prendre conscience de notre idiosyncrasie, afin que nous évitions de l’instaurer en principe universel de la nature humaine, puisque celle-ci se définit justement par sa multitude et sa mobilité. Autrement dit, ma psychologie n’est pas celle de tout un chacun. Je ne peux comprendre l’autre et être compris par lui que dans une certaine mesure. Il s’agit de reconnaître l’altérité, ce qui est généralement admis en théorie, mais rarement pratiqué dans la vie.

« Chacun prétend avec assurance que la psychologie est précisément ce qu’il connaît le mieux. Mais la psychologie, c’est toujours pour le premier venu sa psychologie, qu’il est seul à connaître, quoiqu’elle soit en même temps la psychologie tout court. D’instinct, tout homme suppose que sa constitution psychique, pour personnelle qu’elle soit, n’en relève pas moins de “ l’humaine condition ”, et que chacun dans l’ensemble est pareil à autrui, c’est-à-dire à lui-même. (…) On est en proie à un étonnement sans bornes, on est même attristé, effrayé, voire exaspéré chaque fois que cette règle ne se confirme manifestement pas, c’est-à-dire chaque fois que l’on découvre qu’un autre être est réellement autre. (…) Quoique l’on s’accorde en général à reconnaître sans difficulté la diversité des âmes humaines, on n’en oublie pas moins perpétuellement dans la pratique que “ l’autre ” est en réalité un autre être dont les sentiments, les pensées, les perceptions et les désirs sont différents des nôtres. » (L’Homme à la découverte de son âme. Structure et fonctionnement de l’inconscient)

Les types s’établissent à partir de notre rapport aux choses. Nous connaissons deux processus d’intentionnalité : le processus irrationnel de la perception et le processus rationnel du jugement. Le premier se décline entre la sensation et l’intuition, la sensation s’attachant à ce qui est et l’intuition à ce qui fut et sera (je considère que le terme d’imagination serait plus juste ici). Le second se décline entre le sentiment et la pensée, le sentiment décidant de la valeur de l’objet par rapport au sujet (jugement subjectif) et la pensée établissant l’essence de l’objet en fonction des autres objets (jugement objectif). Au cours d’un processus, un des pôles est privilégié au détriment de l’autre. En effet, ils s’opposent et ne peuvent s’exercer en même temps : l’intuition (imagination) requiert le sacrifice de la sensation, la pensée celui du sentiment, etc. Cependant, le processus irrationnel peut soutenir le rationnel, et donc la pensée s’aider de la sensation ou de l’intuition, ou le processus rationnel soutenir l’irrationnel, par exemple la sensation s’éclairer du sentiment ou de la pensée.

Cette configuration s’inscrit dans une orientation générale de la psyché vers la réalité intérieure ou extérieure, déterminant l’introversion ou l’extraversion. Dans l’introversion, l’énergie psychique va de l’objet au sujet et dans l’extraversion, elle va du sujet à l’objet. Toutefois, personne n’est unilatéralement introverti ou extraverti : lorsque le conscient est introverti, l’inconscient est extraverti et inversement. De même, si la sensation est extravertie, l’intuition a tendance à être introvertie et si la pensée est introvertie, le sentiment aura toutes les chances d’être extraverti, etc. La psyché accomplit naturellement un équilibre entre ses facultés, un équilibre forcément instable (le déséquilibre définissant l’équilibre), en cours de stabilisation, qui n’atteint pas de parachèvement définitif, mais ne cesse de s’améliorer et de s’élargir.

Autrement dit, nous disposons tous d’une orientation intro et extravertie, ainsi que des quatre fonctions pensée-sentiment-sensation-intuition, mais nous privilégions une des fonctions et une des orientations et hiérarchisons les autres à partir d’elles. Nous nous identifions à cette fonction-orientation principale, qui caractérise notre moi, détermine notre conscience, tandis que les fonctions intermédiaires se situent soit dans le conscient soit dans l’inconscient (selon le degré de développement de la personnalité), la dernière fonction restant en grande partie inconsciente (aussi poussé que soit ce développement).

Les fonctions s’organisant sur deux axes (jugement situé entre pensée et sentiment et perception située entre sensation et intuition), le contraire d’un type pensée est un type sentiment, le contraire d’un type intuitif un type sensoriel. Le développement de la psyché commence par la fonction majeure, qui semble innée. Elle passe ensuite par la fonction supérieure du deuxième axe, la fonction inférieure du même axe, puis, enfin, à son opposé sur le premier axe. Son évolution est donc sinueuse, alternée et complexe, rappelant la cristallisation ou l’arborescence.  

Prenons un exemple. Un type pensée commence par développer sa fonction principale, la pensée, avec plaisir et aisance, puis, avec le temps, il ressent la nécessité d’exercer sa dominante secondaire, disons l’intuition, et le contraire de sa dominante secondaire, donc la sensation. Avec l’âge, la croissance naturelle de la psyché le pressera de développer le contraire de sa fonction principale, soit le sentiment. Il voudra l’éviter, parce qu’il méprise et redoute cette fonction si peu différenciée de son inconscient. Cependant, la pensée d’un type pensée devient creuse, répétitive, s’il ne s’efforce jamais de prendre en considération son sentiment. Ceci ne signifie pas que le type pensée n’a pas de sentiments avant de développer sa fonction sentiment, mais seulement que ses sentiments sont bruts, primitifs, immatures et principalement inconscients. Il n’arrivera pas à les exprimer de la juste manière, au bon moment, ni à percevoir les sentiments des autres dans leurs nuances et leur ambivalence. Se sachant ignorant dans ce domaine, craignant de paraître niais et sentimental, il s’en protègera à tout prix.

La fonction mineure est infantile et inadaptée, mais également naïve et entière. Étant la fonction la moins actualisée dans la conscience, elle est aussi la plus enracinée dans l’inconscient. Elle ouvre la voie vers le Soi (l’âme profonde, impersonnelle qui rejoint celle du monde), tout en obligeant à un abaissement du moi (notre ego). Point vulnérable, sensible, ultravif, riche d’avenir. Elle est représentée dans les contes où, au sein d’une fraternité ou d’une confrérie, le moins doué, l’idiot de la famille, réussit l’épreuve où tous les autres échoppent : Perceval dans la quête du Graal ou Ivan dans celle de l’oiseau de feu.

Flaubert illustre le type pensée, avec sa terreur de paraître bête dès qu’il exprime une émotion au point qu’il identifie sentiment et sottise, et finit ainsi par offusquer sa propre intelligence. Paradoxalement, le sentiment est justement sa source de créativité, la fonction mineure marquant le seuil de l’inconscient, et malgré son mépris pour le romantisme et sa sentimentalité, il n’a cessé d’explorer cet univers à travers ses romans et ses nouvelles : la mélancolie de Madame Bovary, l’idéalisme de L’Éducation sentimentale, la simplicité angélique d’Un cœur simple. Il revient toujours au sentiment, pour le ridiculiser, mais sans pouvoir y échapper.

Autre exemple, Saint François d’Assises est un type intuitif d’orientation introvertie, sa fonction mineure est donc la sensation extravertie : le monde extérieur (son apparition, tout ce qui en lui parle aux sens) est la manifestation de Dieu en ce qu’il lui ouvre l’accès au Soi. En général, les mystiques appartiennent à ce type, mais ils s’égarent souvent en méprisant leur fonction mineure : la sensation devient synonyme de perdition, surtout dans ce qu’elle a d’extraverti, c’est-à-dire d’appétit et de jouissance du monde, et les plaisirs déchoient donc en péchés de gourmandise, paresse et luxure, les sens se manifestent dans leur grossièreté et leur bassesse. Pourtant, lorsque ces types intègrent leur fonction mineure, leur intuition de vérités intérieures rarement accessibles au tout venant trouve à s’incarner. Les intuitifs introvertis sont des enfants du ciel, qui se ressourcent et se renouvellent par un contact fréquent avec la terre. Il se retrouve chez beaucoup d’artistes et de poètes. Leurs fameux excès signalent un manque d’intégration de la fonction mineure qui finit par les dominer. La sensation, lorsqu’elle est mature et différenciée, se montre modérée et harmonieuse, respectueuse des besoins du corps. À l’inverse, quand elle reste en grande partie inconsciente, elle se manifeste par une absence de limites, une poussée vers les extrêmes, ce qui donne les troubles alimentaires, les addictions à la drogue et à l’alcool, etc.

Quant au type sentiment, il se distingue par son aisance relationnelle, sait moduler ses émotions et faire la part entre les bons et les mauvais côtés des gens sans les juger bons ou mauvais d’un seul tentant. Il se montre aussi capable de réflexions profondes, mais elles viennent à lui sans qu’il les suscite et repartent de même. Il ne les tient pas à sa disposition, ne pense pas sur commande et pallie souvent ce manque par des idées reçues, des phrases toutes faites, lorsqu’on lui demande à l’improviste son avis sur un sujet ardu. Il peut aussi avoir accumulé assez de connaissances pour donner le change ou être fidèle jusqu’au fanatisme à un système de pensée philosophique, psychologique ou idéologique. Autant de manières d’éviter d’exprimer sa pensée singulière, qu’il n’a pas encore assez élaborée pour qu’elle puisse être articulée.

Le collectif sert souvent de défense du point faible, de couverture de la fonction mineure. Dans un même cas, obligé de manifester ses sentiments, un type pensée s’aidera de phrases conventionnelles, alors même qu’il ressent des émotions, mais peut-être pas en cet instant et, en tout cas, elles ne sont pas assez conscientes pour pouvoir être exprimées. De même, un type intuitif usera de techniques courantes pour se débrouiller avec la vie pratique et un type sensoriel s’affiliera à des confessions ou croyances instituées parce que son intuition n’a pas la maturité pour s’exprimer singulièrement. En apparence, tous ces types semblent adaptés, mais l’impersonnalité même de leurs procédés concernant leur fonction mineure révèle qu’elle n’est pas véritablement intégrée.

La fonction majeure semble innée, et donc la répartition des fonctions donnée dès la naissance, mais l’éducation déterminera grandement leur équilibre. Très tôt, l’enfant favorise les activités où il se sait doué, où il avance vite et bien et ajourne celle où il se sent inférieur aux autres. Il développe ainsi sa fonction principale de manière unilatérale, avec l’encouragement de son entourage qui l’identifie à ses dons : il annonce, ou on lui prédit autour de lui, qu’il sera boulanger, savant, peintre, pompier, etc. selon ses capacités. Cependant, l’entourage peut également altérer ce développement s’il ne valorise pas la fonction principale de l’enfant. Un type sentiment né dans une famille intellectuelle méprisant le sentiment ne pourra pas devenir un type pensée, puisque cette fonction constitue l’opposé de la sienne et restera toujours inférieure, mais il compensera son type en développant les fonctions secondaires de la sensation et de l’intuition, afin de s’insérer dans son environnement et de s’y sentir valorisé. Une fois adulte, son type, parce qu’altéré, sera plus difficile à discerner et lui-même restera en deçà de ses capacités. Toutefois, quand il en aura la possibilité, il développera avec facilité et rapidité sa fonction principale, le sentiment, et il aura déjà accompli le travail concernant la deuxième et la troisième fonction.

Souvent au sein de la famille et du couple, chacun assume de préférence une des fonctions. Cette répartition permet d’équilibrer les membres. Tous se sentent valorisés par l’exercice de la fonction où ils excellent. Mais lorsque le groupe se sépare, ils souffrent du sous-développement de leurs fonctions mineures et même si le groupe reste uni, que chacun y soit aussi spécialisé empêche de développer la fonction qui est adjugée à l’autre, par facilité (un autre s’en charge) ou complexe d’infériorité (de toute manière, je ne lui arriverai jamais à la cheville). Cependant, la curiosité réciproque peut aussi permettre, notamment dans le couple, de développer sa fonction mineure avec l’aide de l’autre. De nombreuses œuvres d’imaginaire (fantasy ou science-fiction) illustrent cette répartition : chaque personnage détient un pouvoir qui le caractérise, il y est plus fort que les autres qui se reposent sur lui pour tout ce qui concerne ce champ d’action ; ou bien une société ou une école est partagée en quatre sections reprenant les quatre fonctions, dont les membres se distinguent par une qualité commune. Il est intéressant de remarquer que si les types semblables ou opposés s’entendent souvent bien, soit parce qu’ils se comprennent, soit parce qu’ils se complètent. La situation devient plus délicate entre types qui partagent la même fonction majeure, mais sont d’orientation opposée. Ainsi, un type sentiment introverti aura beaucoup de mal à comprendre un type sentiment extraverti. Il sera déconcerté par ses manières, ses réactions et croira déceler de la fausseté dans une manifestation d’émotions qu’il jugera exagérée, tandis que son vis-à-vis le supposera hostile, froid, distant, voire égoïste, parce qu’il restera plus volontiers en retrait et modérera ses démonstrations d’affection.

La fonction mineure demande avec insistance à être développée lorsque le moi s’ennuie dans une vie facile, où il sait faire, mais n’invente plus rien, et qu’il commence subrepticement à dysfonctionner, la fonction majeure étant contaminée par la mineure. Cependant, la fonction majeure s’oppose au développement de la fonction mineure, parce que ce développement exige son sacrifice, au moins temporaire et partiel, les deux fonctions étant opposées et incompatibles. Pour comprendre le sentiment, le type pensée devra sacrifier sa pensée et pour élaborer une pensée, le type sentiment devra sacrifier son sentiment. De même, l’intuitif qui désire embrasser la réalité devra renoncer à ses visions cosmiques et le sensoriel qui souhaite plonger dans l’inconscient oublier le présent qui l’appelle.

La typologie jungienne ne prétend pas délivrer une vérité universelle sur la nature de l’âme, en affirmant avec une certitude absolue et indiscutable que les quatre fonctions forment la structure de toute psyché humaine. Elle sert de modèle opératoire pour résoudre des problèmes existentiels, d’hypothèse de travail pour comprendre le développement passé et à venir de la personnalité. Pour connaître notre type, il ne faut pas considérer les activités où nous excellons, mais celles où nous échouons. En déterminant ainsi notre fonction mineure, nous déduirons la majeure. En effet, nous pouvons avoir vu notre type altéré par l’éducation ou par la contamination de la fonction mineure, ou bien avoir développé avec virtuosité deux fonctions au point de ne sembler appartenir à aucune en privilégié. Il arrive également de s’identifier avec sa fonction mineure. Bien que sous-développée, elle est aussi la plus primitive et vivante, en continuité avec l’inconscient, et donc chargée d’énergie. Un indice : là où se ressentent la frustration, l’impuissance, la souffrance, vous trouverez votre fonction mineure. Qu’est-ce qui est le plus difficile pour moi ? Où est-ce que je ne maîtrise rien et me retrouve sans repères ? Où suis-je le plus inadapté(e) ? Autant de questions possibles pour la situer ; et son contraire sera votre fonction majeure. (Remarque : il faut également prendre en compte la société où s’inscrit le type, la nôtre favorisant à l’extrême les extravertis, les introvertis s’y sentent inadaptés aux relations sociales, ce qui n’est pas forcément le cas partout, l’introversion ne désignant pas la timidité ou la maladresse, mais indiquant une orientation de l’énergie psychique.)

Une telle analyse permet de trouver le chemin de sa croissance, de déceler les potentialités latentes de la psyché, afin de compenser le développement inégal et unilatéral des fonctions et des orientations. Cependant, cette croissance ne vise pas la perfection, mais la plénitude : accepter ses limites autant que ses aptitudes, ne plus se comparer aux autres en se jugeant inférieur ou supérieur, faire advenir la graine unique que nous portons en considérant notre espèce comme une finitude riche de possibles et non une source de frustration. Autrement dit, accepter ses limites, savoir ne pas être tout, cultiver les quelques dons qui nous sont impartis et ne le sont pas à tous, afin que tous en profitent. En même temps, intégrer la fonction inférieure est indispensable, notamment vis-à-vis des autres : si nous nous dispensons de ce travail, un autre s’en charge (assume cette fonction à notre place), il se trouve ainsi injustement investi d’une double tâche, et nous devenons aussi exagérément dépendants de lui. Il ne s’agit pas d’être parfait sous tous rapports, la fonction inférieure restera toujours maladroite de toutes façons, il faut juste ne pas l’abandonner entièrement, comme si elle n’était pas notre affaire. Dimension immature, primitive, inconsciente de notre nature, elle est aussi le lieu de l’ombre, l’origine du mal en chacun, mais ce sera l’objet d’un autre article.

Réflexions tirées des ouvrages de Carl Gustav Jung et de la jungienne Marie Louise von Franz.

7 commentaires sur “Qui es-tu ?

  1. Décidément, il me plait bien, ce Karl Gustav !
    Sa réflexion sur la psychologie « Chacun prétend avec assurance que la psychologie est précisément ce qu’il connaît le mieux. Mais la psychologie, c’est toujours pour le premier venu sa psychologie, qu’il est seul à connaître, quoiqu’elle soit en même temps la psychologie tout court » me fait penser à PASCAL (je crois) qui disait que l’intelligence est la chose la mieux partagée du monde, parce que chacun jugeant de on intelligence e en fonction de ce qu’il en a, estime être bien servi.
    Et puis, quelqu’un qui prétend ne pas mettre des étiquettes sur tout un chacun, mais au contraire prend en compte l’individu dans sa diversité, dans ce qu’il est, justement, individuel, ça pourrait presque passer pour de la provocation dans notre société si uniformisante!
    Bonne soirée, Joséphine.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour !
      En effet, l’ignorant ignore l’être. C’est sa définition. L’effet Dunning Kruger : personne ne se croit plus compétent que l’incompétent.
      Et oui, Jung est contre l’esprit du temps, c’est très rafraîchissant. Je pense faire d’autres articles sur sa psychologie intempestive.

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  2. Ah, merci beaucoup de cette présentation et mise au point ! Je ne comprends pas tout, et ai du mal à me représenter l’extraversion (pas sûre au fond que l’introversion me soit bien claire non plus), mais il me semble au moins mieux percevoir la complexité et la subtilité de cette typologie. Elle m’est en tout cas plus utile que certains diagnostics qui, ne m’ayant pas vraiment permis de saisir les différences avec tels membres de ma famille « de l’intérieur », ont limité ma capacité à être en empathie, ou tout simplement à vivre les différences paisiblement. Merci encore !

    Aimé par 1 personne

    1. Jung en parle de manière bien plus animée et vivante. Il a 700 pages pour le faire. Comme je dois résumer ses idées en un billet de blog, mon propos a un côté très schématique. Disons que c’est la base, l’ossature. Et qu’ensuite j’ajouterai la chair. Si ça intéresse !
      Le diagnostic, selon Jung, en dit plus sur le médecin que sur le patient. Il est une réaction de l’esprit normal qui a besoin de classer ce qui lui échappe – et du même coup de s’en débarrasser.
      Jung a en général une vision de la souffrance psychique et de la maladie mentale beaucoup plus humaniste, subtile, complexe et en même temps évidente que tout ce que j’ai pu lire. Comme tu le dis, il cherche à comprendre les troubles de l’intérieur.
      En gros, pour lui, ces troubles signalent un problème dans la croissance de la psyché, ils ne sont en rien des maladies incurables et ne font pas de celui qui en est touché un autre absolu qu’on ne pourrait comprendre.
      Notre société pathologise toute manifestation de singularité. Ce qui en dit long sur sa violence uniformisatrice.
      A moi aussi cette analyse apporte une grande paix. D’autres à qui je l’ai exposée se sont sentis fragilisés, menacés, notamment par cette question de la fonction inférieure. Mais je crois que toi et moi on est déjà assez conscientes de nos failles 😉

      Aimé par 1 personne

      1. Bien sûr que cela intéresse, ne serait-ce qu’Esther et moi, mais aussi beaucoup d’autres j’en suis sûre. Je te suis vraiment reconnaissante que tu m’aies fait découvrir Jung, moi qui ne savais presque rien de la psychothérapie en général et que les petits bouts de Lacan rencontrés ont irritée.

        Aimé par 2 personnes

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