Un chant de sirènes

Aussi précise qu’insaisissable, la poésie de Guillaume Sire paralyse la réflexion discursive, tour à tour analytique et synthétique, pour mobiliser la raison en son entier ; et l’on comprend sans pouvoir dire comment, on sait d’un savoir insu et d’autant plus puissant. C’est un chant de sirènes qui envoûte la pensée en s’adressant à sa part divine et enchantée et, indéchiffrable, lui offre son chiffre.

Je vous renvoie vers l’un de ses poèmes : Le goût de la vase.

Ce qu'il reste des brumes

Nous avons détesté l’enfance au point d’apprivoiser les loups. Ceux-ci ont refusé pourtant de remplacer nos espérances, empoisonnés par les fœtus que nous leur donnions à manger en promettant que ce n’était personne.

S’il n’est plus capable de déchirer le pli que l’homme a derrière les yeux, le langage est une couronne rouillée au fond de la mer — la vase, le goût révéré de la vase entre la langue et le palais.

Le sommeil n’est pas reposant s’il ne se défend de rien. Les morts ne se reposent pas.

Nous avons détesté l’enfance parce que nous étions des enfants, et, enfants, ignorions que les loups avaient peur de nous.

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11 réflexions sur “Un chant de sirènes

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